Ma dernière lecture est un essai percutant : L’Heure des Prédateurs de Giuliano Da Empoli. L’auteur s’est déjà fait remarquer récemment avec plusieurs ouvrages très actuels sur la géopolitique contemporaine, et celui-ci s’inscrit clairement dans la même lignée.

Je m’attendais à une lecture plutôt morose, le sujet s’y prête, mais j’ai été agréablement surpris. Le style est fluide, parfois même drôle, et l’auteur ponctue son propos d’anecdotes savoureuses plutôt que de donner des leçons. On y croise évidemment Machiavel, les Borgia, mais aussi des figures bien plus contemporaines comme les Tech Bros : Elon Musk, Jeff Bezos, ou les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, et d’autres encore. L’essai se termine de façon assez inattendue sur plusieurs chapitres consacrés à l’intelligence artificielle et à son impact croissant sur le pouvoir et la politique mondiale.
Le livre se lit rapidement. Et même si, comme le titre le suggère, il ne respire pas l’optimisme, il éclaire un phénomène troublant : comment un homme d’affaires lubrique à moitié dément peut devenir président des États-Unis, tandis que des candidats démocrates brillants, tous avocats, échouent faute de flair politique ou d’instinct prédateur.
Seul bémol : le livre est un peu court, et j’aurais aimé qu’il développe davantage de perspectives ou de pistes de réflexion pour l’avenir.
Mais je le recommande vivement — à condition d’avoir le moral suffisamment solide ! 😉









