Les lectures de Farzad

Étiquette : Comics

Articles consacrés aux BD franco-belges, mangas ou comics, avec avis, analyses ou découvertes. / Posts about Franco-Belgian comics, manga, or American comics, including reviews, analysis, or discoveries.

  • Second confinement, premières lectures

    Encore un confinement ! Encore plein de temps libre pour lire :hugging_face:

    Encore de la BD cette fois. Il y a de l’humour, de la rêverie et de la manipulation mentale dans cette sélection.

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    Humour pur pour commencer, avec Silex and the City, tome 3 de Jul. Toujours aussi drôle, cette BD transpose chez nos ancêtres hommes préhistoriques les travers de notre société moderne avec beaucoup de référence à la politique, la publicité, l’administration, les arts, les sciences, l’écologie… Mais c’est surtout un bon prétexte d’excellents jeux de mots à chaque page ! J’aime beaucoup, c’est très distrayant, il n’y a aucune leçon a en tirer, juste de bons moments de rigolade.

    Rêverie et parfois tristesse avec Terre de rêves de Jirô Taniguchi. C’est un « manga d’auteur » comme on dit en France, Taniguchi est notamment connu pour avoir écrit le superbe Quartier lointain. Ici, ce sont 5 nouvelles qui parlent de la façon dont des personnes trouvent du rêve dans la vie de tous les jours (un couple que l’on retrouve dans les 4 premières nouvelles) ou dans leur passion (l’escalade d’une montagne et la recherche d’une panthère des neiges dans la 5ème). Les 4 premières nouvelles sont intimes, on vit la tristesse du couple qui voit son vieux chien décrépir et mourir, leur joie à recueillir une chatte, l’émotion quand il faut se séparer des chatons, le plaisir, pour ce couple sans enfant, d’accueillir quelques jours une nièce qui a fait une fugue… Le dessin en noir & blanc, réaliste, est très beau, précis. J’ai peut-être un biais, j’adore tout ce que fait Taniguchi ! Je ne suis pas un grand grand fan de mangas traditionnels (même si je suis en train de lire en ce moment L’Attaque des titans, Death Note et Tokyo Ghoul en parallèle :sweat_smile: ) et j’aime bien ces mangas d’auteur dont je trouve les histoires et les dessins plus soignés que la masse des mangas que je trouve généralement un peu caca-boudin 🙂

    La 3ème BD, Tant pis pour l’amour, mélange humour, colère, empathie et effroi pour parler d’un sujet grave : les manipulateurs (ou pervers narcissique, sociopathes, vampires psychologiques). L’autrice Sophie Lambda (c’est un pseudo) raconte ici son histoire personnelle avec beaucoup d’humour.

    Encore étudiante et stagiaire dans la Comm’, elle a rencontré lors d’une soirée un jeune acteur dont elle est vite tombée amoureuse. Celui-ci, amoureux aussi, l’a vite séduite, et ils se sont mis en couple pour ce qui semblait être une relation idyllique… Très vite, en quelques semaines, l’homme s’avère être un manipulateur extrêmement pervers, qui va retourner le cerveau de l’autrice, alternant entre moment de tendresse et colères noires, petites attentions et mensonges énormes, présence forte puis tromperies… Sophie Lambda est déboussolée, elle croit qu’elle est l’origine des sautes d’humeur de son ami, n’a plus confiance en elle et sombre petit à petit dans la dépression.

    Comme je le disais précédemment, l’autrice utilise heureusement l’humour et l’auto-dérision pour peindre cette relation, ainsi que les solutions qu’elles a finalement trouvées pour rebondir et s’en sortir, sinon on sombrerait nous-même dans la dépression ! :scream: La dernière partie du livre est une compilation de conseils et de références pour se sortir de ce type de situation. C’est une grosse BD que j’ai dévorée en une soirée, ça se lit très vite.

    Ayant personnellement travaillé il y a quelques années dans une entreprise où l’un des responsables développement était un pervers narcissique, j’ai lu cette BD avec pas mal d’effroi. J’ai retrouvé certains traits de mon ancien collègue dans les descriptions de Sophie Lambda : une ordure à l’énergie infinie, prêt à tout pour tirer la couverture à lui, nuire à ses collègues, faire capoter des idées ne venant pas de lui… Et infatigable ! Comme le personnage fictif de Marcus Racamier dans la BD : celui-ci ne lâche jamais l’affaire, même quand Sophie Lambda l’a quitté. Il continue à dire des mensonges dans son dos, à la faire passer pour folle, à essayer de la contacter à travers ses alliés… Ce genre de personnes est en effet souvent un séducteur, quelqu’un que les gens admirent, et qui se constitue facilement une base de « followers » qui, sans être pervers, vont être ses exécutants et l’aider à persécuter ses victimes.

    Sombre histoire donc, mais BD vraiment réjouissante ! J’ai découvert Sophie Lambda lors d’une interview vidéo qu’elle a donnée à Thomas Mourier de Bubble, sur Facebook (Google est ton ami). Elle tient aussi un blog et surtout un compte Instagram où elle poste depuis longtemps des dessins et plein de choses amusantes, notamment son journal de confinement (oui le premier confinement, vous vous souvenez ? :wink:).

    Bien évidemment je recommande chaudement la lecture de cette première BD ainsi que son compte Instagram :slightly_smiling_face:

    Bonnes lectures de confinement à vous ! 😉

  • Quelques revues en vrac (Zadig, Métal Hurlant, Jeux et Stratégie)

    J’ai encore craqué, cette fois j’ai acheté l’intégralité des 30 premiers numéros de Jeux et Stratégie 😏

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    Entre ça et les Métal Hurlant, dont je n’ai pas fini les achats, je ne sais pas quand j’aurai le temps de lire 😆

    C’était le meilleur (et seul ?) magazine de jeux des années 80, il parlait vraiment de tous les jeux intéressants. Les jeux sur ordinateurs font vraiment rêver aujourd’hui… :

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    Dans le genre plus sérieux j’ai fini le numéro 3 de Zadig, le trimestriel édité par Le 1 hebdo qui raconte la France. Numéro intéressant consacré au travail. Il y a des reportages, des histoires, un reportage en photos, des portraits, Le tome 2 consacré à la nature était intéressant aussi, mais j’ai trouvé le tome 1 plus ambigu, car il a été écrit à l’époque où les Gilets Jaunes n’étaient pas un ramassis de fachos et d’anarchistes violents, la revue en faisait un portrait élogieux 😠

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    Dans la forme, c’est donc très proche de la Revue XXI, et j’aime bien. Et enfin j’ai lu le numéro 1 de la revue Métal Hurlant 😍

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    C’est émouvant pour moi, mais en même temps, c’est amusant de lire ça aussi longtemps après 1975, car la maquette est moche, la couleur absente, les pubs surannées… 😃

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    Beaucoup d’histoires de Mœbius dedans, et c’est bien. Que de la SF, c’est très « adulte » et parfois sexuel… Une autre époque. Il y a dedans le premier éditorial de Jean-Pierre Dionnet.

    Et par une coïncidence incroyable, c’était lui l’invité d’Eva Bester sur France Inter à 10 h le jour où je l’ai lu ! https://www.franceinter.fr/emissions/remede-a-la-melancolie/remede-a-la-melancolie-03-novembre-2019. J’invite les amateurs de littérature, de BD et de Rock à écouter l’émission en Podcast.

  • « Gens de France et d’ailleurs » de Jean Teulé

    Une lecture mes lectures BD récente est un livre inclassable, « Gens de France et d’ailleurs » de Jean Teulé. C’est la réédition de minireportages qu’il a réalisés dans les années 80 et édité chez Casterman, sur des paumés, des gens très étranges, des meurtres, des fous… C’est foutraque et très drôle à la fois, même la forme est étrange : mélange de photos, de textes, de dessins, de collages, à l’image de l’auteur qui est à la fois auteur de BD, écrivain, chroniqueur télé (L’assiette anglaise, années 80), réalisateur, acteur…

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    C’est très décalé et décapant, il arrive à faire rire ou ressentir de la compassion avec des gens vraiment déglingués avec lesquels il est parfois vraiment caustiques. J’ai adoré !

    Son interview de l’auteur de BD Philippe Druillet, dont il se moque pas mal de manière irrévérencieuse :

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    Les manifestations étudiantes de 86, là il interviewe une fasciste du GUD ainsi que d’autres manifestantes :

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    Je crois que je l’ai acheté il y a plus de 12/13 ans, je ne connaissais pas l’auteur, mais ma femme connaissait sa chronique décalée à l’Assiette anglaise, et comme son éditeur, Ego comme X, était spécialisé en autobiographie et romans graphiques que j’adore, j’ai craqué. Mais comme il est énorme et que le style est très particulier, j’ai mis du temps à l’ouvrir.

    Bon, cette BD-ci je ne la prête pas, déjà parce qu’elle est énorme et pèse 1.5 kg, mais aussi parce que c’est une pièce rare : Ego comme X a coulé il y a quelques années et la plupart des œuvres ne sont pas rééditées 😢

    Mise à jour 2021 : La BD a été rééditée !

  • « Le journal d’un ingénu » by Émile Bravo

    Note: Article from 2019 that I had not posted.

    Dark reading with Le journal d’un ingénu by Émile Bravo. This volume, the first of a series by Bravo, is part of the « reboots » of Spirou by contemporary authors.

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    Émile Bravo tells here the genesis of Spirou, his unhappy childhood, why he chose to keep his hotel bellboy costume even as an adult, where his squirrel comes from… It’s quite dark in spite of the humor and the little love story, we are on the eve of World War II and Poland and Germany are secretly negotiating an agreement to avoid war in the hotel where Spirou works, in vain as we already know.

    I liked this volume even though I never read Spirou and Fantasio in my life, I knew Émile Bravo by name, he is apparently famous in the world of children’s comics and one of his friends (Sfar or Trondheim, I don’t remember) said that he was unjustly ignored. He is now recognized thanks to this series, because the sequel in several volumes, L’espoir malgré tout, has very good reviews.

    I recommend this comic and am thinking of buying the sequel.

  • « Le journal d’un ingénu » d’Émile Bravo

    Note : Article de 2019 que je n’avais pas mis en ligne.

    Lecture un peu sombre avec Le journal d’un ingénu d’Émile Bravo. Ce volume, le premier d’une série par Bravo, fait partie de « reboots » de Spirou par des auteurs contemporains.

    Émile Bravo raconte ici la genèse de Spirou, son enfance malheureuse, pourquoi il a choisi de conserver son costume de groom d’hôtel même adulte, d’où vient son écureuil… C’est assez sombre malgré l’humour et la petite histoire d’amour, nous sommes à la veille de la Seconde Guerre Mondiale et la Pologne et l’Allemagne négocient en secret un accord pour éviter la guerre dans l’hôtel où travaille Spirou, en vain comme on le sait déjà.

    J’ai bien aimé ce tome alors que je n’ai jamais lu de Spirou et Fantasio de ma vie, je connaissais Émile Bravo de nom, il est apparemment réputé dans le monde de la BD jeunesse et un de ses amis dessinateurs (Sfar ou Trondheim, je ne sais plus) disait qu’il était injustement méconnu. Il est maintenant reconnu grâce à cette série, car la suite en plusieurs tomes, L’espoir malgré tout, a de très bonnes critiques.

    Je recommande cette BD et je pense acheter la suite.