Une lecture légère avec Imbattable de Pascal Jousselin. Mes jumeaux avaient eu le tome 1 en cadeau il y a un an et on a acheté le 2 parce qu’on a adoré.
M. Imbattable est le seul vrai héros de bande dessinée ! En effet il est le seul qui sait qu’il est dans une bande dessinée (à l’exception de Dead Pool) et peut regarder les prochaines cases à l’avance, s’y déplacer, lancer des objets entre les cases, traverser la feuille pour interagir avec la page suivante ou précédente…
Il est très nonchalant, toujours en train d’accomplir une tâche banale (acheter une baguette, sortir la poubelle, tondre la pelouse…) quand un méchant ou un professeur fou viennent troubler son quotidien, et bien évidemment il gagne à tous les coups.
Je viens de finir le tome 2, j’ai adoré. Les gags visuels du tome 2 sont souvent plus tordus que ceux du premier tome, il faut faire une vraie gymnastique intellectuelle parfois, relire, lire les cases à rebours… mais c’est toujours très drôle.
Et un an après, en avril 2021, nous avons tous sauté sur le tome 3 ! Toujours aussi drôle,
encore plus inventif et même émouvant dans une des histoires avec un détail essentiel que
je n’ai vu qu’à la dernière case et qui change tout !
Here is an ideal book in times of confinement or curfew, a novel of 960 pages! But at the same time, who wants to spontaneously start reading a book by a German author, Uwe Tellkamp, a surgeon born in the former GDR, who tells the story of his childhood and the end of the GDR? In principle, not me!
But the circumstances are however particular, it’s a friend and ex-colleague who offered it to me :smiley:
She was born in Dresden, the place where almost all the action of the book takes place. I waited to have some free time to read it, before starting a new job, and I didn’t let it go any more because it was so fascinating!
The story takes place in a middle-class district of Dresden called « The Tower ». The city itself, quite bourgeois, seems anachronistic in this East Germany which tries to erase social and wealth differences by leveling down. The main hero, Christian Hoffmann, is a high school student, son of a renowned surgeon, head doctor of a city hospital. He has a large family, itself surrounded by many neighbors and friends whose adventures we follow. There are so many characters that I even made a list in a note so that I could find my way around.
The town itself is a character in the story, as well as the many « collective houses », imposed in the communist regime, in which the protagonists live. These houses have poetic names: « The Caravelle », « The House of a Thousand Eyes », « The Italian House », « The Wolfsstein House », « The House of the Evening Star », « The House of the Spider’s Web », « The House of Dolphins »…
The novel is three things at once:
a story of initiation of this young boy who grows up and adapts, bypassing
the rules like everyone else, to this repressive communist regime;
the absurd description of this bureaucratic, delirious, oppressive and dying communist regime, which we discover through the adventures of the other characters;
poetic moments when we read the personal writings of Meno Rohde,
a publishing house, caught between the regime’s rules of censorship and
of certain writers.
There is a paradox everywhere in the lives of the characters. The author wanted to restore the tensions of this communist regime that will disappear but does not know it yet. People hide to talk, for fear of being spied on by Stasi moles or hidden microphones. Even the cousin, who has taken his Communist Party card, is perhaps a mole? So even though we are all together at a birthday party, we have to be careful not to speak too loudly…
Christian plays the violin, on an ordinary violin, but he and his uncle have to go to a special office to have the violin certified as not being of significant value, in which case the state will confiscate it! We follow the absurd journey of the heroes in a huge administrative building, a labyrinth, where each room has a cryptic number, to finally get in line at the right place…
Even if the expert quickly tests the violin and declares with disdain that it has no value, he refuses to test the bow and obliges the protagonists to queue again for a long time before certifying the bow, again with disdain!
The whole novel is offbeat, sometimes absurd, with poetic pauses that allow one to escape the heaviness of the dictatorial regime. We laugh, we cry, we have moments of hope, we tear our hair out at the absurdities of this world…, and we feel through this book that East Germany is living its last years.
It is a very good novel, I liked it even if it is sometimes difficult to read, and I recommend it to those who want to discover a little about life in the former GDR. There is a good French article in Le Monde from 2012 that describes the novel well, and a nice summary in English on Amazon, for those who hesitate before embarking on reading 960 pages.
Voici une lecture idéale en période de confinement ou de couvre-feu, un roman-fleuve de 960 pages !
Mais en même temps qui a envie de se lancer spontanément dans la lecture d’un livre d’un
auteur allemand, Uwe Tellkamp, chirurgien né en ex-RDA, qui raconte de façon romancée son enfance et la
fin de la RDA ? A priori pas moi !
Les circonstances sont cependant particulières, c’est une amie et ex-collègue, allemande née à Dresde,
lieu où se déroule quasiment toute l’action du livre, qui me l’a offert :smiley: J’ai attendu
d’avoir un peu de temps libre pour le lire, avant de commencer un nouveau travail, et je ne l’ai
plus lâché tellement c’était passionnant !
L’histoire se déroule dans un quartier bourgeois de Dresde appelé « La Tour ». La ville elle-même, assez
bourgeoise, paraît anachronique dans cette Allemagne de l’Est qui essaie de gommer les différences
sociales et de richesse en nivelant par le bas. Le héros principal, Christian Hoffmann est lycéen, fils
d’un chirurgien réputé, médecin-chef d’un hôpital de la ville. Il a une famille nombreuse, elle-même
entourée de nombreux voisins et d’amis dont nous suivons les péripéties. Il y a tellement de
personnages que j’ai même fait une liste dans une note afin de pouvoir m’y retrouver.
La ville en elle-même est un personnage de l’histoire, ainsi que les nombreuses « maisons
collectives », imposées dans le régime communiste, dans lesquelles vivent les protagonistes.
Ces maisons portent des noms poétiques : « La Caravelle », « La maison des mille yeux »,
« La maison italienne », « La maison Wolfsstein », « La maison de l’étoile du soir »,
« La maison de la toile d’araignée », « La maison des dauphins »…
Le roman est trois choses à la fois :
un récit d’initiation de ce jeune garçon qui grandit et s’adapte, en contournant les règles comme
tout le monde, à ce régime communiste répressif ;
la description absurde de ce régime communiste bureaucratique, délirant, oppressif et mourant à la fois, que l’on découvre à travers les aventures des autres personnages ;
des moments poétiques quand on lit les écrits personnels de Meno Rohde, oncle de Christian, éditeur et correcteur dans
une maison d’édition, coincée entre les règles de censure du régime communiste et l’envie de liberté
de certains écrivains.
Il y a partout un paradoxe dans la vie des personnages. L’auteur a ainsi voulu restituer les tensions
de ce régime communiste qui va disparaître mais qui ne le sait pas encore. Les gens se cachent pour
parler, de peur d’être espionnés par des taupes de la Stasi ou des micros cachés. Même le cousin,
qui a pris sa carte du Parti Communiste, est peut-être une taupe ? Alors on a beau être tous
ensemble dans une fête d’anniversaire, on doit faire attention à ne pas parler trop fort…
Christian joue du violon, sur un violon ordinaire, mais il faut que son oncle et lui aillent dans un
bureau spécial pour faire certifier que le violon n’a pas une valeur importante, auquel cas l’état
va le confisquer ! On suit le parcours absurde des héros dans un bâtiment administratif immense,
un labyrinthe, où chaque pièce porte un numéro cryptique, pour finalement faire la queue au bon endroit…
Et même si l’expert teste rapidement le violon et déclare avec dédain qu’il n’a aucune valeur, il
refuse de tester l’archet et oblige les protagonistes à refaire la queue un long moment avant de
certifier l’archet, de nouveau avec dédain !
Tout le roman est décalé, parfois absurde, avec des pauses poétiques qui permettent d’échapper à
la lourdeur du régime dictatorial. On rit, on pleure, on a des moments d’espoir,
on s’arrache les cheveux devant les
absurdités de ce monde… et on sent bien à travers ce livre que l’Allemagne de l’Est vit ses
dernières années.
C’est un très bon roman, je l’ai bien aimé même s’il est parfois difficile à lire, et je le
recommande à ceux qui veulent découvrir un peu la vie dans l’ex-RDA. Il y a un bon article du Monde de 2012 qui décrit bien le
roman, pour ceux qui hésitent avant de se lancer dans la lecture de 960 pages.
After the plethora of MCU (Marvel Cinematic Universe) movies and the WandaVision series I saw on Disney recently, a visit to a large Parisian bookstore specialized in comics could only end with the purchase of this little booklet published by Panini.
I naively thought that it would allow me to better discover this strange couple…
Disappointing! So yes I laughed a lot, but in the second degree.
Wanda and The Vision is very bad overall. It’s okay for the first of the four stories, it has a modern line, a smooth colorization…
… but the three following stories from the 70’s are as bad as possible: ugly drawing, dialogues with no sense (the rough French translation must make it worse), garish and slobbery colors, naive psychology, non-existent settings, incoherence within a story (not to mention the global incoherence of the universe)…
The well-known characters are so ugly (Thor, Iron Man, Vision…) that I have a hard time recognizing the MCU superheroes I liked.
Moreover, as they are isolated episodes and not complete stories, there are a lot of asterisks that refer to other comics that you have to have read in order to understand what’s going on: « See GSA 2« , « See GSA 3« , « See Dr Strange 7« , « See Avenger 127« , « See Defenders 1« … It always gave me the impression that you have to have started reading in the 50’s to be able to follow 😂
I smiled when I read the stories, but it was more out of derision than by the effect of any deliberate line of humor. Everything is written in the first degree, or else in the third degree and that’s why I missed it?
Sometimes I wonder how Americans can read this crap 😅
Après la pléthore de films du MCU (Marvel Cinematic Universe) et la série WandaVision que j’ai vue sur Disney récemment, un passage dans une grande libraire parisienne spécialisée dans les Comics ne pouvait se finir que par l’achat de ce petit fascicule publié par Panini.
Je me suis dit naïvement que ça me permettrait de mieux découvrir ce couple étrange…
Déception ! Alors oui j’ai bien rigolé, mais au second degré.
Wanda et La Vision est très mauvais dans l’ensemble. Passe encore pour la première des quatre histoires, elle a un trait moderne, une colorisation sans bavure…
… mais les trois suivantes des années 70 sont mauvaises au possible : dessin moche, dialogues dans queue ni tête (la traduction approximative doit aggraver ça), couleurs criardes et baveuses, psychologie de comptoir, décors inexistants, incohérence au sein même d’une histoire (sans parler de l’incohérence globale de l’univers)…
Les personnages connus sont tellement laids (Thor, Iron Man, Vision…) que j’ai du mal à reconnaître les super-héros du MCU que j’ai appréciés.
De plus, comme ils s’agit d’épisodes isolés et non d’histoires complètes, il y a plein d’astérisques qui renvoient vers d’autres comics qu’il faut avoir lu pour espérer comprendre ce qui ce passe : « Voir GSA 2« , « Voir GSA 3« , « Voir Dr Strange 7« , « Voir Avenger 127« , « Voir Defenders 1« … Ça m’a toujours donné l’impression qu’il faut avoir commencé la lecture dans les années 50 pour arriver à suivre 😂
J’ai souri en lisant les histoires mais c’est plus de dérision que par l’effet d’un quelconque trait d’humour volontaire. Tout est écrit au premier degré, ou alors au troisième degré et c’est pour cela que ça m’a échappé ?
Des fois je me demande comment les Américains peuvent lire ces m… 😅