Lecture consécutives de 3 adaptations BD de Frankenstein que ma grande fille, fan de romans gothiques du 19ème siècle, a achetées. Les trois sont très bien !
Celle de Georges Bess, très grand format, est sombre, grandes images, peu de texte, très fidèle avec le roman.
Celle de Sandra Hernández, adaptation féminine, est assez fidèle aussi, le dessin est moins net, le monstre une ombre noire, l’accent est mis sur la genèse, la relation génitrice/créature, sans dénaturer l’histoire.
Celle de Junji Ito comporte bien sûr plus d’horreur visuelle, mais aussi beaucoup plus de dialogues que les deux autres adaptations. Elle est très fidèle, sauf pour la fin qui a été modifiée.
J’ai aimé les 3, avec une préférence pour les versions de Junji Ito et Georges Bess.
Après de nombreuses lectures plus techniques (livres d’informatique) ou plus légères
(bandes dessinées), voici un livre de sociologie, qui est à la fois un témoignage
personnel, que j’ai trouvé excellent et vraiment essentiel dans la période actuelle.
Il est de plus très rapide à lire, 186 pages que j’ai dévorées pour moité dans les transports
un soir et à la maison le lendemain matin !
J’ai d’autant plus apprécié ce livre que j’ai vu Gérald Bronner quelques mois
auparavant dans un cycle de conférences au MK2 Odéon intitulé
« Pourquoi les croyances ne disparaîtront-elles pas ? », et l’auteur m’a
dédicacé le présent livre 🤩
En partant de ses propres origines, qu’il nous décrit subjectivement, avec la charge
de l’émotion, mais sans aucun storytelling ou mensonge comme certains auteurs qu’il
dénonce justement, Bronner se pose la question de ce qui fait de nous ce que nous
sommes : est-ce nos origines, est-ce la méritocratie, ou bien est-ce plus complexe
que cela ?
Bien évidement la réponse est complexe, et non pas binaire comme certaines personnes
voudraient nous le faire croire !
Les personnes qui sont sorties de leur milieu d’origine,
généralement modeste, pour évoluer dans un milieu plus bourgeois, plus intellectuel sont
les « transclasses », et Gérald Bronner en fait partie.
Or il y a en effet une mode parmi les transclasses (qu’on appelle d’ailleurs parfois
« transfuge de classe », mot très chargé d’un sens négatif et d’une notion de trahison…) de
présenter leurs origines sous une forme misérabiliste, voire d’avoir honte d’avoir changé de classe sociale.
C’est cette lecture simpliste et négative que Bronner dénonce et démonte dans son livre,
avec des arguments basés sur sa propre histoire, subjective donc, mais aussi sur des
recherches sérieuses, notamment en sociologie.
Et c’est un plaisir de voir Bronner démonter et moquer certains de ces auteurs
misérabilistes insupportables, comme Édouard Louis et Annie Ernaux. Le passage
décrivant tous les mensonges qu’Édouard Louis a racontés sur sa famille est un délice !
Le voici :
Sans me prononcer sur la qualité littéraire du texte, le parcours mythogénétique de l’écrivain est tout à fait exemplaire. Il publie, en 2014, à l’âge de 21 ans, alors qu’il est étudiant en sociologie et imprégné de la vision bourdieu- sienne du monde, un livre très remarqué, En finir avec Eddy Bellegueule, où il décrit une enfance cauchemardesque dans un milieu homophobe gangréné par l’alcoolisme et la misère. Un prototype de récit doloriste qui, par contraste, auréole le narrateur d’héroïsme social. Son roman autobiographique a créé un énorme malaise à Hallencourt, le petit village de la Somme dans lequel l’écrivain a grandi. Un journaliste du Courrier picard écrit : << Installée aujourd’hui dans un pavillon propret à l’entrée d’Hallencourt, la vraie famille d’Édouard Louis n’a, à première vue, pas grand-chose à voir avec celle à la Germinal, misérable, inculte et vulgaire, décrite dans le roman. »
Annie Ernaux, d’autres auteurs, ainsi que le trop célèbre sociologue manipulateur
Pierre Bourdieu sont décortiqués et leur propos fallacieux démontés de la même façon.
Le livre fait également un détour par l’analyse de la pensée conspirationniste, car
c’est un thème qui n’est en effet pas très éloigné de celui de la mythologie des
transclasses : diviser le monde en « gentils pauvres » et « méchants riches / dominants », et affirmer que cette seconde catégorie maintient volontairement la
première dans la servitude, comme le font certains transclasses ou les soutiens
misérabilistes des transclasses, est une théorie conspirationniste infondée.
Pour toutes ces raisons, parce que la mode est au misérabilisme, au populisme,
à la manipulation des opinions, je pense que la lecture de ce livre est essentielle.
I splurged again this month in terms of buying comics :scream:
Les 5 Terres – L’intégrale en édition limitée
I discovered « Les 5 Terres » recently, I liked volume 1. As I was talking about it briefly on the Bubble Facebook group, an absolute fan told me about the release of a limited edition complete. It’s a thick volume with a very nice hardback cover, dust jacket, 6 bookplates signed by the authors, with a limited edition of 280 copies at the modest price of… 235 €!
And obviously I cracked! But I do not regret my purchase, the volume is splendid.
The bookplates are beautiful but, for now, I’m leaving them safely in the comic.
Corben – Complete publications from Eerie & Creepy
I discovered Corben through <a href= »{{}} »>Métal Hurlant. The author died in 2020.
That’s why his publisher, Delirium, decided to pay tribute to him and to release an integral of his publications in the magazines Eeerie and Creepy. This limited and numbered edition of 2500 copies, with silk-screened cloth back, is proposed for the 10th anniversary of DELIRIUM.
There too, this complete set is superb.
Locke & Key
I continue my reading of Locke & Key. This time, as a gift for the purchase of the two volumes, I got a mini-comics with two short and funny stories.
Ghost World
I read Ghost World by Daniel Clowes in English this weekend. It’s a « _Coming of age_ » comics about Enid and Rebecca, two 18 years old friends, at the turning point of childhood and adulthood. Rebels, cynical, frustrated of having no boyfriend, the two girls start growing apart.
Very interesting comics, sometimes hard to understand for me because of the US slang, it’s one of the most renowned independent American comics. There’d even a film based on the book, I haven’t seen it.
Meadowlark
Another comics in English that I read last night, Meadowlark by Ethan Hawke (the actor!) and Greg Ruthe. It was not what I expected: I thought it’d be “just” a graphical novel, but instead I received a punch in the stomach! Yes, as the backcover says, it’s a coming of age story about the dysfunctional relation between a son and his father, but above all a captivating, very violent, thriller. And the violence keeps cascading until the end.
The drawing is beautiful, very realistic, although very static even when there should be movement. It’s a bit weird, like if each scene was a painting.
I loved the comics but it’s not for the faint of heart.
J’ai découvert « Les 5 Terres » récemment, j’ai bien aimé le tome 1. Comme j’en parlais brièvement sur le groupe Facebook Bubble, un fan absolu m’a parlé de la sortie d’une intégrale en édition limitée. C’est un épais volume avec une très belle couverture cartonnée toilé, jaquette, 6 ex-libris signés par les auteurs, avec un tirage limité à 280 exemplaires au prix modique de… 235 € !
Et évidemment j’ai craqué ! Mais je ne regrette pas mon achat, le volume est splendide.
Les ex-libris sont très beaux mais, pour l’instant, je les laisse en sécurité dans la BD.
Corben – Intégrale des publications Eerie & Creepy
J’ai découvert Corben par l’intermédiaire de <a href= »{{}} »>Métal Hurlant. L’auteur est mort en 2020.
C’est pourquoi son éditeur, Delirium a décidé de lui rendre hommage et de sortir une intégrale de ses publications dans les revues Eeerie et Creepy. Cette édition limitée et numérotée à 2500 exemplaires, avec dos toilé et sérigraphié, est proposée dans le cadre des 10 ans de DELIRIUM.
Là aussi cette intégrale est superbe.
Locke & Key
Je continue ma lecture de Locke & Key. Cette fois-ci, en cadeau pour l’achat des deux tomes, j’ai eu une mini-BD hors commerce avec deux courtes histoires assez drôles.
Ghost World
J’ai lu Ghost World de Daniel Clowes en anglais ce week-end. C’est une bande dessinée « _Coming of age_ » sur Enid et Rebecca, deux amies de 18 ans, à la charnière de l’enfance et de l’âge adulte. Rebelles, cyniques, frustrées de ne pas avoir de petit ami, les deux filles commencent à s’éloigner.
Bandes dessinées très intéressantes, parfois difficiles à comprendre pour moi à cause de l’argot américain, c’est l’une des bandes dessinées indépendantes américaines les plus réputées. Il y a même un film basé sur le livre, je ne l’ai pas vu cependant.
Meadowlark
Une autre BD en anglais que j’ai lue hier soir, Meadowlark d’Ethan Hawke (l’acteur !) et Greg Ruthe. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais : Je pensais que ce serait “juste” un roman graphique, mais à la place j’ai reçu un coup de poing dans l’estomac ! Oui, comme le dit la quatrième de couverture, c’est une histoire de passage à l’âge adulte, qui parle de la relation dysfonctionnelle entre un fils et son père, mais c’est avant tout un thriller captivant et très violent. Et la violence ne cesse de monter en cascade jusqu’à la fin.
Le dessin est magnifique, très réaliste, bien que très statique même quand il devrait y avoir du mouvement. C’est un peu bizarre, comme si chaque scène était un tableau.
J’ai adoré la bande dessinée, mais ce n’est pas pour les âmes sensibles.
Here are some reading notes from the last three days.
Setting the context: for most series I read very spaced out, I have a hard time fully memorizing the story, characters, unresolved ongoing plots… And sometimes when I start a new volume, I don’t know who so-and-so is, if what’s-his-name is good, bad or ambiguous, etc. 😅
That’s what happened to me on several comics here.
Umbrella Academy T3
I loved the Netflix series, funny, crazy. Then I started reading the comics. They are funny and weird too, but even more than the TV series! And the drawing is particular, at the limit of the burlesque I find… And as much as I managed to follow the volume 1 (for your information the story has almost no relation with the scenario of the series), I have almost no memory of what happens in the volume 2…
And I understood nothing in volume 3, really nothing! After a while, I can hold on to the plot again and enjoy reading, but I don’t understand anything about what’s going on, the characters’ goals, the space travel, the time travel, or whatever. I was confused at the end, I feel like I went from one thing to another all the time.
Maybe there is a higher level of reading, or some subtleties, that I missed?
Sillage T13
Same effect of my poor memorization of certain characters or plots, but to a lesser degree. I’ve loved Sillage since the beginning. Recently, in order to read volumes 11 and 12, I quickly reread the whole series to get back into the swing of things. But now, a few months later, I’m starting volume 13, and I’m lost 😅
The story is still generally understandable and pleasant to read, but I have the impression each time that I don’t understand certain plots because I don’t know if this or that character is « nice » or not.
I will nevertheless read the rest with pleasure!
Il faut flinguer Ramirez Acte 2
Praise be to Nicolas Pétrimaux, who included a QR code at the beginning of the comic that points to a six-minute video summarizing Act 1 in still images and voice-over! It served me well. Act 2 is as funny, offbeat and breathtaking as Act 1, maybe even more bloody: people are dying by the dozen around this poor Ramirez who doesn’t seem to control anything in his life… except that we realize he has a much richer life than we thought!
Interesting revelations are made in the second part of the comic. I really like the road-movie that serves as the plot of the comic, and I invite keen eyes to spot at least one explicit reference to « Thelma and Louise« . The fake ad pages are still fun to read, and I can’t wait to read the rest!
Locke & Key T3
Again, I had forgotten some details from volumes 1 and 2 (too many keys, some details about Dodge, some secondary characters…) but I managed to dive back in very quickly. And once again, I loved it.
I feel a certain anguish when reading each volume, I am afraid for the heroes, and I find that the horrific side is very successful. I am also impatient to read the next volume.