Les lectures de Farzad

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Articles en français

  • Wanda Et La Vision: 4 histoires courtes chez Panini

    Après la pléthore de films du MCU (Marvel Cinematic Universe) et la série WandaVision que j’ai vue sur Disney récemment, un passage dans une grande libraire parisienne spécialisée dans les Comics ne pouvait se finir que par l’achat de ce petit fascicule publié par Panini.

    Je me suis dit naïvement que ça me permettrait de mieux découvrir ce couple étrange…

    Déception ! Alors oui j’ai bien rigolé, mais au second degré.

    Wanda et La Vision est très mauvais dans l’ensemble. Passe encore pour la première des quatre histoires, elle a un trait moderne, une colorisation sans bavure…

    … mais les trois suivantes des années 70 sont mauvaises au possible : dessin moche, dialogues dans queue ni tête (la traduction approximative doit aggraver ça), couleurs criardes et baveuses, psychologie de comptoir, décors inexistants, incohérence au sein même d’une histoire (sans parler de l’incohérence globale de l’univers)…

    Les personnages connus sont tellement laids (Thor, Iron Man, Vision…) que j’ai du mal à reconnaître les super-héros du MCU que j’ai appréciés.

    De plus, comme ils s’agit d’épisodes isolés et non d’histoires complètes, il y a plein d’astérisques qui renvoient vers d’autres comics qu’il faut avoir lu pour espérer comprendre ce qui ce passe : « Voir GSA 2« , « Voir GSA 3« , « Voir Dr Strange 7« , « Voir Avenger 127« , « Voir Defenders 1« … Ça m’a toujours donné l’impression qu’il faut avoir commencé la lecture dans les années 50 pour arriver à suivre 😂

    J’ai souri en lisant les histoires mais c’est plus de dérision que par l’effet d’un
    quelconque trait d’humour volontaire. Tout est écrit au premier degré, ou alors au troisième degré et c’est pour cela que ça m’a échappé ?

    Des fois je me demande comment les Américains peuvent lire ces m… 😅

  • « Paul à Québec » de Michel Rabagliati

    Simonac ! Tu veux-tu améliorer ton vocabulaire québécois tout en lisant une histoire émouvante ? Alors lis donc « Paul à Québec ».

    Cette BD fait partie d’une série écrite par un auteur québécois couvert de prix. C’est d’ailleurs une amie québécoise qui me l’a offert. Une autre amie québécoise m’a dit ce matin avoir lu toute la série !

    Le récit commence pour moi comme un manuel gentillet pour apprendre à parler québécois (je me retrouve même à prendre l’accent québécois dans ma tête en lisant les expressions parfois incompréhensibles 🙂 ), tout en découvrant la belle-famille du héros, sans vraiment d’histoire : la première partie est assez contemplative.

    Puis, l’histoire bascule avec un évènement dramatique et devient très touchante jusqu’à la fin. C’est un récit intimiste, au cœur d’une famille de la ville de Québec, on est d’abord dans le présent, une grande fête familiale, chez le beau-père du narrateur, dont on découvre petit à petit que c’est lui la figure centrale de l’histoire, qui était d’abord centrée sur le narrateur. Le narrateur lui-même, Paul, illustrateur, est inspiré de la vie de l’auteur de la série de BD. Ensuite, l’histoire se centre sur le beau-père et on plonge notamment dans son enfance, son émancipation, sa vie active, ses réussites personnelles et professionnelles.

    Je n’en dis pas plus sur le tournant dramatique de l’histoire pour ne rien gâcher, sachez juste que je n’ai pas pu lâcher la BD une fois arrivée là et que j’ai dû tout finir avant de pouvoir me coucher, satisfait mais la gorge un peu nouée…

    Je suis super content que mon amie québécoise m’ait offert ce livre et je pense lire tous les autres. Je découvre même au passage que cette BD a donné naissance à un film !

  • Métal Hurlant: Collection complète !

    Je viens enfin de réaliser un rêve d’adolescent, dont l’origine remonte à la sortie du film canadien « Heavy Metal », produit par Ivan Reitman et sorti en 1981 😍 Ce film d’animation, qui m’avait fortement marqué à l’époque, m’a fait découvrir le magazine français Métal Hurlant. J’ai déjà brièvement parlé de ce magazine dans un autre texte.

    J’étais à l’époque trop jeune pour le lire (11 ans) et n’avais donc que 5 ans quand le premier numéro est sorti en 1975. Mon beau-père en avait juste acheté un exemplaire à la sortie du film, copie qui a disparu depuis bien longtemps je ne sais où…

    Depuis, j’ai découvert et apprécié en BD, et aussi en films, les auteurs mythiques que sont Moebius, Druillet, Caza, Gotlib… Le temps a passé et, en 2019, sur un coup de tête, je me suis dit que j’allais acheter l’intégralité de la collection !

    J’ai commencé à acheter les premiers numéros sur eBay en octobre 2019, puis Rakuten et aussi un peu sur Le Bon Coin. Après presque un an et demi de recherche, j’ai trouvé et acheté fin février 2021 le seul numéro qui me manquait, le 145, avant-dernier numéro de piètre qualité mais très rare.

    J’ai pris avec fierté cette photo de famille qui regroupe les 132 numéros publiés de 1975 à 1987, les 12 numéros au format Comics US de 2002 à 2004, le numéro 146 final de 2006, plus 22 numéros hors-série ou spéciaux. Il me manque cependant les suppléments introuvables (carte postale, disque, lunettes 3D…) que quelques rares collectionneurs avisés, dont certains parmi vous sans doute, ont peut-être précieusement gardés 😉

    Anecdote amusante : j’ai partagé cette photo avec un message similaire sur le groupe Facebook “Fan de Métal Hurlant” et Jean-Pierre Dionnet en personne a liké et partagé ma photo 😍 J’ai aussi eu un like de Jean-Christophe Menu, le créateur de l’éditeur de BD L’Association 😎 C’est presque aussi bien qu’un autographe pour moi, ha ha !

  • “Une Histoire Populaire de l’Empire Américain“ de Howard Zin, Mike Konopacki et Paul Buhle

    J’ai fini cette bande dessinée après 2 jours de lecture et c’est un choc ! 🤯 C’est une peinture réaliste de la face sombre des USA, celle dont on entend peu parler, voire pas du tout pour certaines des histoires rassemblées ici.

    L’auteur du livre qui a servi de référence est un pacifiste, cela se ressent dans le choix des événements racontés, mais ça n’enlève rien à leur force et à leur portée. Je suis à la fois horrifié et content d’avoir lu cette BD.

    Il y a des histoires que je connaissais déjà, celles sur les dictatures d’Amérique du Sud, et tout le chaos introduit en Iran (je suis d’origine iranienne) mais, ce qui est écœurant est que les USA ont commis ces atrocités en continu, depuis 200 ans, tout en œuvrant en parallèle à leur rayonnement dans les domaines littéraires, artistiques, scientifiques, etc. Ce ne sont pas justes quelques « accidents » historiques sombre. Les deux faces des USA sont intimement imbriquées, indissociables : l’argent de l’un finance l’autre.

    Par exemple, des personnages que nous voyons sous un jour plutôt positif (Churchill, Théodore Roosevelt, Carter…) ou juste mitigé (le banquer J.P. Morgan, la famille Rockfeller…) apparaissent ici comme des monstres ! Racistes, menteurs, sanguinaires, avides, complices ou commanditaires de crimes.

    Attention cependant à ne pas interpréter cette bande dessinée uniquement sous le coup de l’émotion ! Je pense que c’est surtout ça que je retiens : tout n’est pas tout blanc ou tout noir, il ne faut pas détester les USA après avoir lu cette BD ou le livre qui a servi de modèle, mais il faut arrêter d’idéaliser de pays.

    Je pense qu’il faut prendre du recul, ne pas chercher une vengeance, ne pas faire pire, ne pas déclencher un mouvement de balancier opposé : une oppression, une révolte ou une contre-attaque « bienveillante » n’annulent pas les oppressions du passé, elles ne feraient que nous entrainer vers un système encore pire, voire totalitaire.

    La BD se finit heureusement sur une note d’espoir. De plus, peu après que je lise ce livre, Donald Trump n’a pas été réélu fin 2020, tout ne va pas si mal aux USA 😅

  • Petit coup de gueule contre La Revue Dessinée

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    Petit coup de gueule contre La Revue Dessinée que j’encensais dans le temps.

    Il y a un an encore, je ne disais que du bien de cette revue
    à laquelle je suis abonné depuis le numéro 1 et pour laquelle j’ai contribué au crowdfunding.

    Depuis quelques numéros la qualité et la relative neutralité idéologique ont bien baissé.

    Le dessin et l’orthographe

    Il y a quelques numéros déjà, il y a eu une tentative d’introduire l’écriture inclusive
    de façon très inélégante dans un dossier en bande dessinée, soi-disant
    pour appuyer les propos féministes. C’était non seulement totalement inutile, l’histoire se
    suffisait à elle-même, mais cette écriture est illisible pour certaines personnes.

    Autre problème de forme très récemment : le dessin. Certains dessins, comme le
    dossier sur la Sécurité Sociale, sont très laids, on a presque l’impression que
    certains dossiers ont été bâclés dans ce numéro.

    Voici un exemple de la laideur des dessins dans le numéro 29, le dossier sur la Sécurité Sociale
    est le pire, d’autres ne sont pas terribles :

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    Certes, ça ne change pas le contenu, mais je m’attends à plus de qualité. Qualité qui était
    présente jusqu’ici : aucun dossier des 28 premiers numéros ne m’a autant agressé les yeux
    que celui-ci.

    Idéologie

    Mais le plus grave n’est pas sur la forme, mais sur surtout le fond : on voit une dérive
    idéologique
    claire vers l’extrême-gauche, l’écologisme militant
    anti-science, l’apologie de la psychanalyse et des gilets jaunes, le militantisme anti-police.

    Il y a des dossiers qui sont traités avec dogmatisme et sans recul :

    • Le nucléaire. Scoop : c’est l’énergie la plus décarbonée et la plus pilotable qu’on ait actuellement !
    • Les pesticides. Scoop : le glyphosate utilisé correctement n’est pas plus cancérigène que certains aliments !
    • Le Bio. Scoop : il n’y a aucune preuve que c’est meilleur pour la santé, ou en goût, que l’agriculture conventionnelle !
    • La police : dans la Revue Dessinée la police est systématiquement mauvaise, sans nuance.
    • La psychanalyse. Scoop : c’est bien une pseudo-science !

    Je suis choqué de voir la Revue Dessinée laisser Yann Diener, psychanalyste qui sévit déjà
    dans Charlie Hebdo (autre revue que j’apprécie mais qui fait du militantisme pro-psychanalyse
    et anti-science avec le mouvement Les Coquelicots)
    donner son avis de bonimenteur de foire sur la Ritaline et les TDAH, comme si c’était des faits.

    C’est navrant.

    This is the end…

    Je m’étais réabonné une dernière fois, du numéro 29 au 32, pour voir s’ils redresseraient la
    barre, ce n’est clairement pas le cas. Au moins, en bon geek, j’aurai bientôt un joli nombre de
    revues dans ma bibliothèque (32 = 2 puissance 5), mais j’arrête
    désormais mon abonnement et ma lecture. :rage: