Note : Article de 2019 que je n’avais pas mis en ligne.
Voici une bande dessinée que j’ai lue il y a un an et que j’ai bien aimée : « Faire semblant c’est mentir » de Dominique Goblet.
Je l’ai achetée il y a très longtemps mais je l’avais mise de côté, car le sujet était un peu difficile : l’enfance de l’autrice, ses traumatismes…
Finalement la lecture n’en est pas traumatisante ! J’ai bien aimé l’histoire, on se sent pris d’un malaise à ressentir le mal être de l’auteur, mais la note positive est qu’on sent aussi sa reconstruction.
Le style est assez particulier, fait de collage et l’éditeur l’Association, qui publie souvent des livres très loin du mainstream tout comme celui-ci, en a fait un bel ouvrage.
Dimanche dernier, pendant la visite de ma belle-sœur, je me suis dit qu’on allait remplacer la traditionnelle partie de jeu de société par une partie de Scroubabble, le jeu inspiré de l’Oubapo et édité par L’Association 😊
D’autres personnes connaissent ? Personnellement je ne compte pas de points, on essaie juste de faire les histoires les plus cohérentes et drôles possibles.
J’ai beaucoup aimé. C’est dans la continuité des précédents, je retrouve le même dessin, la même ambiance, le suspens et les rebondissements. Je trouve qu’il est du niveau des précédents, je suis juste un peu frustré de devoir attendre le tome 7 avec un cliffhanger.
Les vieux fourneaux tome 2
Je démarre la série avec beaucoup de retard car malgré les bonnes critiques que j’avais vues, la couverture avec les personnages vieux et moches ne me faisaient pas envie… J’ai acheté le tome 1 d’occasion et je n’ai pas regretté ! C’est vraiment très drôle et dynamique. D’ailleurs aujourd’hui j’ai hésité à acheter le tome 3, mais le Goldorak collector était tellement lourd et volumineux dans mon sac a dos que j’ai renoncé 😂
Harleen
Génial ! Non seulement le dessin est superbe, mais l’histoire et les personnages sont réussis. Je trouve l’histoire assez crédible et cohérente, en n’étant pas trop exigeant non plus. Chose surprenante, le Joker de Štjepan Sejić est presque beau dans le regard de Harleen Quinzel, alors que j’ai été habitué à des représentations repoussantes ou dérangeantes.
Nausicaä tome 4
Très sympa, j’aime bien cette série. Mais comme je lis chaque tome avec une grande distance temporelle, je commence à avoir du mal à suivre l’intrigue et les différents protagonistes : qui est « méchant », qui est « gentil » ? Je retombe sur mes pieds au bout de quelques pages et la lecture reste agréable.
Thérapie de groupe tome 1
Décidément Larcenet aime bien mettre ses troubles psychologiques en BD ! Je l’ai acheté parce que le thème de la psychologie de l’auteur et des névroses m’intéresse. Je le trouve moins sympa que le Combat ordinaire ou Retour à la terre, je souris plus que je ne ris, mais j’ai quand-même acheté le tome 2 aujourd’hui pour voir si ça s’améliorera.
Le Jardin, Paris
C’est une BD que ma grande fille, artiste amateur, a acheté parce qu’elle suit l’autrice sur Instagram. On l’a acheté chez Super Héros Paris et on a été agréablement surpris de trouver dedans un marque page signé et numéroté 😍 Le dessin est sympa mais je trouve l’histoire un peu étrange, ce garçon prénommé Rose, élevé dans un cabaret et qui s’épanouit en dansant, mettant en avant sa part féminine. Je n’ai pas complètement accroché, mais ça se lit bien. Je n’arrive pas à me mettre dans la tête des personnages, leur psychologie me semble étrange. Et quand cet homme, riche et beau, s’attache à Rose qui semble être un adolescent, c’est une alarme « pédophilie » qui résonne dans ma tête alors que l’autrice parle d’une belle romance…
Tout ce qui reste de nous
Encore un choix de ma grand fille a qui la couverture a plu. Les trois histoires sont étranges, elles se passent dans un univers un peu futuriste, la troisième a même pour cadre de la science-fiction, mais à chaque fois c’est surtout l’onirisme, l’attachements des personnages, l’amour, qui est le thème principal de l’autrice. Là j’ai vraiment eu du mal à rentrer dedans, je pense que je n’ai pas compris le message de l’autrice et suis très mitigé…
Une lecture légère avec Imbattable de Pascal Jousselin. Mes jumeaux avaient eu le tome 1 en cadeau il y a un an et on a acheté le 2 parce qu’on a adoré.
M. Imbattable est le seul vrai héros de bande dessinée ! En effet il est le seul qui sait qu’il est dans une bande dessinée (à l’exception de Dead Pool) et peut regarder les prochaines cases à l’avance, s’y déplacer, lancer des objets entre les cases, traverser la feuille pour interagir avec la page suivante ou précédente…
Il est très nonchalant, toujours en train d’accomplir une tâche banale (acheter une baguette, sortir la poubelle, tondre la pelouse…) quand un méchant ou un professeur fou viennent troubler son quotidien, et bien évidemment il gagne à tous les coups.
Je viens de finir le tome 2, j’ai adoré. Les gags visuels du tome 2 sont souvent plus tordus que ceux du premier tome, il faut faire une vraie gymnastique intellectuelle parfois, relire, lire les cases à rebours… mais c’est toujours très drôle.
Et un an après, en avril 2021, nous avons tous sauté sur le tome 3 ! Toujours aussi drôle,
encore plus inventif et même émouvant dans une des histoires avec un détail essentiel que
je n’ai vu qu’à la dernière case et qui change tout !
Voici une lecture idéale en période de confinement ou de couvre-feu, un roman-fleuve de 960 pages !
Mais en même temps qui a envie de se lancer spontanément dans la lecture d’un livre d’un
auteur allemand, Uwe Tellkamp, chirurgien né en ex-RDA, qui raconte de façon romancée son enfance et la
fin de la RDA ? A priori pas moi !
Les circonstances sont cependant particulières, c’est une amie et ex-collègue, allemande née à Dresde,
lieu où se déroule quasiment toute l’action du livre, qui me l’a offert :smiley: J’ai attendu
d’avoir un peu de temps libre pour le lire, avant de commencer un nouveau travail, et je ne l’ai
plus lâché tellement c’était passionnant !
L’histoire se déroule dans un quartier bourgeois de Dresde appelé « La Tour ». La ville elle-même, assez
bourgeoise, paraît anachronique dans cette Allemagne de l’Est qui essaie de gommer les différences
sociales et de richesse en nivelant par le bas. Le héros principal, Christian Hoffmann est lycéen, fils
d’un chirurgien réputé, médecin-chef d’un hôpital de la ville. Il a une famille nombreuse, elle-même
entourée de nombreux voisins et d’amis dont nous suivons les péripéties. Il y a tellement de
personnages que j’ai même fait une liste dans une note afin de pouvoir m’y retrouver.
La ville en elle-même est un personnage de l’histoire, ainsi que les nombreuses « maisons
collectives », imposées dans le régime communiste, dans lesquelles vivent les protagonistes.
Ces maisons portent des noms poétiques : « La Caravelle », « La maison des mille yeux »,
« La maison italienne », « La maison Wolfsstein », « La maison de l’étoile du soir »,
« La maison de la toile d’araignée », « La maison des dauphins »…
Le roman est trois choses à la fois :
un récit d’initiation de ce jeune garçon qui grandit et s’adapte, en contournant les règles comme
tout le monde, à ce régime communiste répressif ;
la description absurde de ce régime communiste bureaucratique, délirant, oppressif et mourant à la fois, que l’on découvre à travers les aventures des autres personnages ;
des moments poétiques quand on lit les écrits personnels de Meno Rohde, oncle de Christian, éditeur et correcteur dans
une maison d’édition, coincée entre les règles de censure du régime communiste et l’envie de liberté
de certains écrivains.
Il y a partout un paradoxe dans la vie des personnages. L’auteur a ainsi voulu restituer les tensions
de ce régime communiste qui va disparaître mais qui ne le sait pas encore. Les gens se cachent pour
parler, de peur d’être espionnés par des taupes de la Stasi ou des micros cachés. Même le cousin,
qui a pris sa carte du Parti Communiste, est peut-être une taupe ? Alors on a beau être tous
ensemble dans une fête d’anniversaire, on doit faire attention à ne pas parler trop fort…
Christian joue du violon, sur un violon ordinaire, mais il faut que son oncle et lui aillent dans un
bureau spécial pour faire certifier que le violon n’a pas une valeur importante, auquel cas l’état
va le confisquer ! On suit le parcours absurde des héros dans un bâtiment administratif immense,
un labyrinthe, où chaque pièce porte un numéro cryptique, pour finalement faire la queue au bon endroit…
Et même si l’expert teste rapidement le violon et déclare avec dédain qu’il n’a aucune valeur, il
refuse de tester l’archet et oblige les protagonistes à refaire la queue un long moment avant de
certifier l’archet, de nouveau avec dédain !
Tout le roman est décalé, parfois absurde, avec des pauses poétiques qui permettent d’échapper à
la lourdeur du régime dictatorial. On rit, on pleure, on a des moments d’espoir,
on s’arrache les cheveux devant les
absurdités de ce monde… et on sent bien à travers ce livre que l’Allemagne de l’Est vit ses
dernières années.
C’est un très bon roman, je l’ai bien aimé même s’il est parfois difficile à lire, et je le
recommande à ceux qui veulent découvrir un peu la vie dans l’ex-RDA. Il y a un bon article du Monde de 2012 qui décrit bien le
roman, pour ceux qui hésitent avant de se lancer dans la lecture de 960 pages.