Les lectures de Farzad

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  • L’Heure des Prédateurs : Essai de Giuliano Da Empoli

    L’Heure des Prédateurs : Essai de Giuliano Da Empoli

    Ma dernière lecture est un essai percutant : L’Heure des Prédateurs de Giuliano Da Empoli. L’auteur s’est déjà fait remarquer récemment avec plusieurs ouvrages très actuels sur la géopolitique contemporaine, et celui-ci s’inscrit clairement dans la même lignée.

    Je m’attendais à une lecture plutôt morose, le sujet s’y prête, mais j’ai été agréablement surpris. Le style est fluide, parfois même drôle, et l’auteur ponctue son propos d’anecdotes savoureuses plutôt que de donner des leçons. On y croise évidemment Machiavel, les Borgia, mais aussi des figures bien plus contemporaines comme les Tech Bros : Elon Musk, Jeff Bezos, ou les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, et d’autres encore. L’essai se termine de façon assez inattendue sur plusieurs chapitres consacrés à l’intelligence artificielle et à son impact croissant sur le pouvoir et la politique mondiale.

    Le livre se lit rapidement. Et même si, comme le titre le suggère, il ne respire pas l’optimisme, il éclaire un phénomène troublant : comment un homme d’affaires lubrique à moitié dément peut devenir président des États-Unis, tandis que des candidats démocrates brillants, tous avocats, échouent faute de flair politique ou d’instinct prédateur.

    Seul bémol : le livre est un peu court, et j’aurais aimé qu’il développe davantage de perspectives ou de pistes de réflexion pour l’avenir.
    Mais je le recommande vivement — à condition d’avoir le moral suffisamment solide ! 😉

  • Le Gardien de Téhéran : Une Odyssée Artistique et Héroïque

    Le Gardien de Téhéran : Une Odyssée Artistique et Héroïque

    Je viens de terminer Le Gardien de Téhéran de Stéphanie Perez. Ce roman s’inspire d’une histoire vraie — adaptée et romancée pour protéger l’identité des personnes concernées — celle d’un jeune garçon embauché comme chauffeur-livreur pour le futur musée d’art moderne de Téhéran, fondé en 1977 par Farah Diba, l’épouse du Shah d’Iran. Par un enchaînement de circonstances, il devient malgré lui le gardien d’un trésor artistique inestimable : des milliers d’œuvres modernes et contemporaines, qu’il protégera avec une loyauté admirable face à la haine destructrice des mollahs, après la révolution islamique.

    En tant qu’Iranien ayant quitté le pays peu après 1979, ce récit m’a profondément ému. Il se lit comme un roman à suspense, tout en nous offrant une plongée saisissante dans l’univers de l’art moderne — Rothko, Warhol, Picasso, les impressionnistes — à travers le regard d’un jeune homme peu instruit, mais dont la sensibilité et le sens du devoir le transforment en héros discret et lumineux.

    Le livre donne également à voir la violence brutale d’un régime théocratique, semeur de mort, de peur et d’obscurantisme. Les événements récents au Moyen-Orient rappellent tragiquement que cette barbarie continue de ravager les vies, d’anéantir la culture et d’empoisonner l’âme des survivants.

    Je recommande chaleureusement ce court récit à quiconque souhaite découvrir, à travers l’art, l’histoire poignante d’un pays déchiré, et les prémices d’une révolution qui a trahi ses promesses de liberté.

  • Cosmobacchus de Meybeck : une plongée fascinante et drôle dans le monde ésotérique de la biodynamie et du vin nature.

    Cosmobacchus de Meybeck : une plongée fascinante et drôle dans le monde ésotérique de la biodynamie et du vin nature.

    Si vous pensez que le vin se résume à du raisin fermenté, la lecture de Cosmobacchus de Meybeck risque de vous secouer ! Ce pavé graphique, que j’ai mis un peu de temps à savourer, est une enquête dessinée sur le monde complexe et controversé du vin en biodynamie.

    Un univers « délirant et inquiétant »

    Meybeck nous plonge dans les arcanes de la biodynamie, un système de croyances et de pratiques agricoles issu de l’anthroposophie. Entre cornes de vache remplies de bouse et calendriers lunaires, l’auteur nous présente un univers qui oscille entre le loufoque et le véritablement troublant, sans jamais nous prendre pour des idiots.

    L’intelligence du regard

    Le vrai tour de force de la BD, c’est son ton. C’est drôle, satirique, mais incroyablement bien documenté. Meybeck a manifestement gagné la confiance de ses interlocuteurs. Le résultat est précieux : des dialogues authentiques où les adeptes parlent de leurs convictions sans filtre, persuadés de la justesse de leurs pratiques ésotériques. Ce regard, à la fois critique et humain, évite la caricature facile et rend la lecture passionnante.

    L’auteur a ainsi pu discuter aussi bien avec Grégoire Perra, anthroposophe repenti qui n’a cesse de dénoncer cette secte, et Gilles-Éric Séralini, chercheur escroc hélas célèbre pour avoir publié une étude frauduleuse sur le glyphosate, et désormais soutien de la biodynamie, entre autres méfaits.

    D’ailleurs, pour la petite histoire, cette BD a une saveur particulière pour moi : j’avais pu la faire dédicacer par Meybeck lui-même à Angoulême il y a deux ans. Une excellente lecture que je ne peux que vous conseiller !

    La dédicace :

  • Lecture du manga « Undercurrent » de Tesuda Toyoda

    Lecture du manga « Undercurrent » de Tesuda Toyoda

    Je viens de finir Undercurrent, que j’ai dévoré dans mon temps libre, étalé sur 3 jours. Le manga est incroyable, j’ai adoré ! Ça commence doucement, c’est très contemplatif, calme, sans rebondissement ni suspens au début, mais comme c’est très joliment dessiné et que les personnages sont attachants, ça se lit sans ennui.

    Le côté contemplatif et le beau dessin des personnages et paysages m’ont un peu fait penser à certains mangas de Jirō Taniguchi. Puis petit à petit des éléments d’intrigues apparaissent, la tension montent doucement, sans s’emballer.

    J’ai aimé qu’il y ait des moments d’humour, presque décalé par rapport au ton général du manga, notamment avec le détective Yamazaki, une esquisse de romance entre Kanae et Hori, du suspens avec l’enlèvement de la petite fille, du mystère autour de la disparition du mari de Kanae et de ses rêves… J’ai souri, j’ai été ému, je me suis inquiété, j’ai tremblé, j’ai attendu un premier geste d’affection (qui n’est jamais venu), j’ai été tenu en haleine par les deux dénouements croisés des dernières pages. Et je me suis dit à la fin « pourvu que Hori ne monte pas dans le bus ! » 😂

    La romance qui n’arrive jamais m’a aussi beaucoup fait penser au superbe film « Past Lives » de Celine Song.

    J’ai passé un très bon moment, je suis encore ému de cette lecture.

  • Les Éditions Roquemoute ? Bof…

    Il y a quelques mois j’ai voulu aider les Éditions Roquemoute qui sont en difficulté, et dont j’avais adoré la trilogie du « Journal de bord d’un taxi parisien ».

    Quelques BD que j’ai essayé de lire…

    J’ai donc acheté un énorme lot de leurs BD… mais les quelques-unes que j’ai essayé de lire entre hier et aujourd’hui sont, à mon goût, extrêmement médiocres. 😢 Mais il en faut pour tous les goûts et je ne suis peut-être pas leur public cible. Je vais donc donner une seconde chance à ces dizaines de BD en les mettant en boîte à livres 😁 et ne garder que les meilleures (s’il y en a). Au moins celles de Jorge Bernstein.

    Roquemoute direction la boîte à livres !