Les lectures de Farzad

Catégorie : Lecture

Mes lectures de livres et bandes dessinnées, des critiques et commentaires.

  • Métal Hurlant: Collection complète !

    Je viens enfin de réaliser un rêve d’adolescent, dont l’origine remonte à la sortie du film canadien « Heavy Metal », produit par Ivan Reitman et sorti en 1981 😍 Ce film d’animation, qui m’avait fortement marqué à l’époque, m’a fait découvrir le magazine français Métal Hurlant. J’ai déjà brièvement parlé de ce magazine dans un autre texte.

    J’étais à l’époque trop jeune pour le lire (11 ans) et n’avais donc que 5 ans quand le premier numéro est sorti en 1975. Mon beau-père en avait juste acheté un exemplaire à la sortie du film, copie qui a disparu depuis bien longtemps je ne sais où…

    Depuis, j’ai découvert et apprécié en BD, et aussi en films, les auteurs mythiques que sont Moebius, Druillet, Caza, Gotlib… Le temps a passé et, en 2019, sur un coup de tête, je me suis dit que j’allais acheter l’intégralité de la collection !

    J’ai commencé à acheter les premiers numéros sur eBay en octobre 2019, puis Rakuten et aussi un peu sur Le Bon Coin. Après presque un an et demi de recherche, j’ai trouvé et acheté fin février 2021 le seul numéro qui me manquait, le 145, avant-dernier numéro de piètre qualité mais très rare.

    J’ai pris avec fierté cette photo de famille qui regroupe les 132 numéros publiés de 1975 à 1987, les 12 numéros au format Comics US de 2002 à 2004, le numéro 146 final de 2006, plus 22 numéros hors-série ou spéciaux. Il me manque cependant les suppléments introuvables (carte postale, disque, lunettes 3D…) que quelques rares collectionneurs avisés, dont certains parmi vous sans doute, ont peut-être précieusement gardés 😉

    Anecdote amusante : j’ai partagé cette photo avec un message similaire sur le groupe Facebook “Fan de Métal Hurlant” et Jean-Pierre Dionnet en personne a liké et partagé ma photo 😍 J’ai aussi eu un like de Jean-Christophe Menu, le créateur de l’éditeur de BD L’Association 😎 C’est presque aussi bien qu’un autographe pour moi, ha ha !

  • “Une Histoire Populaire de l’Empire Américain“ de Howard Zin, Mike Konopacki et Paul Buhle

    J’ai fini cette bande dessinée après 2 jours de lecture et c’est un choc ! 🤯 C’est une peinture réaliste de la face sombre des USA, celle dont on entend peu parler, voire pas du tout pour certaines des histoires rassemblées ici.

    L’auteur du livre qui a servi de référence est un pacifiste, cela se ressent dans le choix des événements racontés, mais ça n’enlève rien à leur force et à leur portée. Je suis à la fois horrifié et content d’avoir lu cette BD.

    Il y a des histoires que je connaissais déjà, celles sur les dictatures d’Amérique du Sud, et tout le chaos introduit en Iran (je suis d’origine iranienne) mais, ce qui est écœurant est que les USA ont commis ces atrocités en continu, depuis 200 ans, tout en œuvrant en parallèle à leur rayonnement dans les domaines littéraires, artistiques, scientifiques, etc. Ce ne sont pas justes quelques « accidents » historiques sombre. Les deux faces des USA sont intimement imbriquées, indissociables : l’argent de l’un finance l’autre.

    Par exemple, des personnages que nous voyons sous un jour plutôt positif (Churchill, Théodore Roosevelt, Carter…) ou juste mitigé (le banquer J.P. Morgan, la famille Rockfeller…) apparaissent ici comme des monstres ! Racistes, menteurs, sanguinaires, avides, complices ou commanditaires de crimes.

    Attention cependant à ne pas interpréter cette bande dessinée uniquement sous le coup de l’émotion ! Je pense que c’est surtout ça que je retiens : tout n’est pas tout blanc ou tout noir, il ne faut pas détester les USA après avoir lu cette BD ou le livre qui a servi de modèle, mais il faut arrêter d’idéaliser de pays.

    Je pense qu’il faut prendre du recul, ne pas chercher une vengeance, ne pas faire pire, ne pas déclencher un mouvement de balancier opposé : une oppression, une révolte ou une contre-attaque « bienveillante » n’annulent pas les oppressions du passé, elles ne feraient que nous entrainer vers un système encore pire, voire totalitaire.

    La BD se finit heureusement sur une note d’espoir. De plus, peu après que je lise ce livre, Donald Trump n’a pas été réélu fin 2020, tout ne va pas si mal aux USA 😅

  • Petit coup de gueule contre La Revue Dessinée

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    Petit coup de gueule contre La Revue Dessinée que j’encensais dans le temps.

    Il y a un an encore, je ne disais que du bien de cette revue
    à laquelle je suis abonné depuis le numéro 1 et pour laquelle j’ai contribué au crowdfunding.

    Depuis quelques numéros la qualité et la relative neutralité idéologique ont bien baissé.

    Le dessin et l’orthographe

    Il y a quelques numéros déjà, il y a eu une tentative d’introduire l’écriture inclusive
    de façon très inélégante dans un dossier en bande dessinée, soi-disant
    pour appuyer les propos féministes. C’était non seulement totalement inutile, l’histoire se
    suffisait à elle-même, mais cette écriture est illisible pour certaines personnes.

    Autre problème de forme très récemment : le dessin. Certains dessins, comme le
    dossier sur la Sécurité Sociale, sont très laids, on a presque l’impression que
    certains dossiers ont été bâclés dans ce numéro.

    Voici un exemple de la laideur des dessins dans le numéro 29, le dossier sur la Sécurité Sociale
    est le pire, d’autres ne sont pas terribles :

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    Certes, ça ne change pas le contenu, mais je m’attends à plus de qualité. Qualité qui était
    présente jusqu’ici : aucun dossier des 28 premiers numéros ne m’a autant agressé les yeux
    que celui-ci.

    Idéologie

    Mais le plus grave n’est pas sur la forme, mais sur surtout le fond : on voit une dérive
    idéologique
    claire vers l’extrême-gauche, l’écologisme militant
    anti-science, l’apologie de la psychanalyse et des gilets jaunes, le militantisme anti-police.

    Il y a des dossiers qui sont traités avec dogmatisme et sans recul :

    • Le nucléaire. Scoop : c’est l’énergie la plus décarbonée et la plus pilotable qu’on ait actuellement !
    • Les pesticides. Scoop : le glyphosate utilisé correctement n’est pas plus cancérigène que certains aliments !
    • Le Bio. Scoop : il n’y a aucune preuve que c’est meilleur pour la santé, ou en goût, que l’agriculture conventionnelle !
    • La police : dans la Revue Dessinée la police est systématiquement mauvaise, sans nuance.
    • La psychanalyse. Scoop : c’est bien une pseudo-science !

    Je suis choqué de voir la Revue Dessinée laisser Yann Diener, psychanalyste qui sévit déjà
    dans Charlie Hebdo (autre revue que j’apprécie mais qui fait du militantisme pro-psychanalyse
    et anti-science avec le mouvement Les Coquelicots)
    donner son avis de bonimenteur de foire sur la Ritaline et les TDAH, comme si c’était des faits.

    C’est navrant.

    This is the end…

    Je m’étais réabonné une dernière fois, du numéro 29 au 32, pour voir s’ils redresseraient la
    barre, ce n’est clairement pas le cas. Au moins, en bon geek, j’aurai bientôt un joli nombre de
    revues dans ma bibliothèque (32 = 2 puissance 5), mais j’arrête
    désormais mon abonnement et ma lecture. :rage:

  • Batman: “Un Long Halloween” et “Amère Victoire”

    Mise à jour en avril 2021 avec “Amère Victoire”.

    Un Long Halloween

    Batman: A long Halloween (Un long Halloween) de Jeph Loeb & Time Sale m’a été recommandé par les fans de Batman dans le groupe Facebook Bubble Family & Friends, un forum utilisé par les utilisateurs de l’excellente application Bubble que j’utilise pour gérer ma collection de BD/Comics/Manga.

    Note : Ce livre est une fantastique bande dessinée américaine, j’ai donc écrite cette critique directement en anglais, bien que la BD soit en français, puis j’ai utilisé un traducteur automatique, DeepL 🙂

    Je ne suis pas vraiment un fan de super-héros, donc pour moi, trouver dans quel ordre les BD devraient être lues, et d’ailleurs lesquelles méritent d’être lues, est une tâche périlleuse ! Il y a tellement d’histoires parallèles, de reboots, de crossovers… Si vous êtes comme moi, un fan de Batman mais pas un nerd des Comics, vous devriez d’abord lire Batman: Année Un de Frank Miller & David Mazzucchelli, un reboot de la « naissance » de Batman, c’est vraiment excellent ! Et puis vous devriez lire « Un long Halloween ».

    Un long Halloween est un livre très épais, 400 pages pour l’édition française ! J’ai d’abord été intimidé et je n’ai pas aimé le dessin de Bruce Wayne dans les premières pages, je pensais que j’allais perdre mon temps… mais après quelques pages, je n’ai plus pu poser le livre ! Je l’ai fini en deux soirs et j’ai adoré.

    L’intrigue est très dense, il y a beaucoup de surprises, et de nombreux méchants, les ennemis récurrents de Batman, apparaissent dans l’histoire, y compris les célèbres Catwoman et Joker. L’histoire raconte la lutte d’un trio (Batman le super-héros, James Gordon le flic honnête et Harvey Dent le procureur tenace) pour se débarrasser des 2 familles qui contrôlent Gotham City (la mafia de Maroni et Falcone) tout en résolvant une série de crimes mystérieux, tous commis des jours de fête (Halloween, Noël, la Saint-Valentin…).

    La recherche du criminel, nommé Holiday, sera très longue, pleine de meurtres, de rebondissements, de super-méchants et de désespoir.

    Je n’entrerai pas dans les détails (et faites attention car les liens Wikipédia que j’ai partagés ci-dessus contiennent des spoilers !) mais j’ai vraiment aimé ce livre et je le recommande !

    Amère Victoire

    Cinq mois après ce Comics, j’ai lu sa suite en avril 2021, “Amère Victoire”. Il est aussi sombre et haletant que le premier !

    Alors certes, la mécanique du scénario est la même et c’est le seul reproche que je ferais à cette suite : le scénario nous cache certaines informations clés en ne dévoilant que des silhouettes ou des voix non identifiables de personnages qui restent dans l’ombre. Et ce n’est qu’à la fin du Comics que l’on se dit « ah oui je comprends maintenant ! ».

    À part cette répétition scénaristique, ce volume est excellent et le personnage de Batman toujours aussi ambigu. Comme le dit le titre, la victoire du « Bien » reste toujours amère.

    C’est dans ce volume que les auteurs font apparaître le premier Robin, alias Dick Grayson. Comme dans tous les DC Comics récents, je trouve que la réinvention est toujours très bonne, la genèse de ces personnages est moins caricaturale que dans les Comics historiques.

    Je recommande aussi chaudement ce deuxième volume, mais ne le lisez pas si vous êtes d’humeur sombre !

  • Second confinement, premières lectures

    Encore un confinement ! Encore plein de temps libre pour lire :hugging_face:

    Encore de la BD cette fois. Il y a de l’humour, de la rêverie et de la manipulation mentale dans cette sélection.

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    Humour pur pour commencer, avec Silex and the City, tome 3 de Jul. Toujours aussi drôle, cette BD transpose chez nos ancêtres hommes préhistoriques les travers de notre société moderne avec beaucoup de référence à la politique, la publicité, l’administration, les arts, les sciences, l’écologie… Mais c’est surtout un bon prétexte d’excellents jeux de mots à chaque page ! J’aime beaucoup, c’est très distrayant, il n’y a aucune leçon a en tirer, juste de bons moments de rigolade.

    Rêverie et parfois tristesse avec Terre de rêves de Jirô Taniguchi. C’est un « manga d’auteur » comme on dit en France, Taniguchi est notamment connu pour avoir écrit le superbe Quartier lointain. Ici, ce sont 5 nouvelles qui parlent de la façon dont des personnes trouvent du rêve dans la vie de tous les jours (un couple que l’on retrouve dans les 4 premières nouvelles) ou dans leur passion (l’escalade d’une montagne et la recherche d’une panthère des neiges dans la 5ème). Les 4 premières nouvelles sont intimes, on vit la tristesse du couple qui voit son vieux chien décrépir et mourir, leur joie à recueillir une chatte, l’émotion quand il faut se séparer des chatons, le plaisir, pour ce couple sans enfant, d’accueillir quelques jours une nièce qui a fait une fugue… Le dessin en noir & blanc, réaliste, est très beau, précis. J’ai peut-être un biais, j’adore tout ce que fait Taniguchi ! Je ne suis pas un grand grand fan de mangas traditionnels (même si je suis en train de lire en ce moment L’Attaque des titans, Death Note et Tokyo Ghoul en parallèle :sweat_smile: ) et j’aime bien ces mangas d’auteur dont je trouve les histoires et les dessins plus soignés que la masse des mangas que je trouve généralement un peu caca-boudin 🙂

    La 3ème BD, Tant pis pour l’amour, mélange humour, colère, empathie et effroi pour parler d’un sujet grave : les manipulateurs (ou pervers narcissique, sociopathes, vampires psychologiques). L’autrice Sophie Lambda (c’est un pseudo) raconte ici son histoire personnelle avec beaucoup d’humour.

    Encore étudiante et stagiaire dans la Comm’, elle a rencontré lors d’une soirée un jeune acteur dont elle est vite tombée amoureuse. Celui-ci, amoureux aussi, l’a vite séduite, et ils se sont mis en couple pour ce qui semblait être une relation idyllique… Très vite, en quelques semaines, l’homme s’avère être un manipulateur extrêmement pervers, qui va retourner le cerveau de l’autrice, alternant entre moment de tendresse et colères noires, petites attentions et mensonges énormes, présence forte puis tromperies… Sophie Lambda est déboussolée, elle croit qu’elle est l’origine des sautes d’humeur de son ami, n’a plus confiance en elle et sombre petit à petit dans la dépression.

    Comme je le disais précédemment, l’autrice utilise heureusement l’humour et l’auto-dérision pour peindre cette relation, ainsi que les solutions qu’elles a finalement trouvées pour rebondir et s’en sortir, sinon on sombrerait nous-même dans la dépression ! :scream: La dernière partie du livre est une compilation de conseils et de références pour se sortir de ce type de situation. C’est une grosse BD que j’ai dévorée en une soirée, ça se lit très vite.

    Ayant personnellement travaillé il y a quelques années dans une entreprise où l’un des responsables développement était un pervers narcissique, j’ai lu cette BD avec pas mal d’effroi. J’ai retrouvé certains traits de mon ancien collègue dans les descriptions de Sophie Lambda : une ordure à l’énergie infinie, prêt à tout pour tirer la couverture à lui, nuire à ses collègues, faire capoter des idées ne venant pas de lui… Et infatigable ! Comme le personnage fictif de Marcus Racamier dans la BD : celui-ci ne lâche jamais l’affaire, même quand Sophie Lambda l’a quitté. Il continue à dire des mensonges dans son dos, à la faire passer pour folle, à essayer de la contacter à travers ses alliés… Ce genre de personnes est en effet souvent un séducteur, quelqu’un que les gens admirent, et qui se constitue facilement une base de « followers » qui, sans être pervers, vont être ses exécutants et l’aider à persécuter ses victimes.

    Sombre histoire donc, mais BD vraiment réjouissante ! J’ai découvert Sophie Lambda lors d’une interview vidéo qu’elle a donnée à Thomas Mourier de Bubble, sur Facebook (Google est ton ami). Elle tient aussi un blog et surtout un compte Instagram où elle poste depuis longtemps des dessins et plein de choses amusantes, notamment son journal de confinement (oui le premier confinement, vous vous souvenez ? :wink:).

    Bien évidemment je recommande chaudement la lecture de cette première BD ainsi que son compte Instagram :slightly_smiling_face:

    Bonnes lectures de confinement à vous ! 😉