Les lectures de Farzad

Catégorie : FR

Articles en français

  • Une lecture d’actualité : « Shadi, Une histoire du vol PS752 »

    Une lecture d’actualité : « Shadi, Une histoire du vol PS752 »

    Entre hier et aujourd’hui, c’était une lecture triste, mais d’actualité pour moi, Shadi, Une histoire du vol PS752 de Shaghayegh Moazzami et Mana & Touka Neyestani, tous dessinateurs iraniens, les deux derniers étant frères. Mana, ancien dessinateur de presse en Iran, exilé en France, a notamment publié l’excellent « Les oiseaux de papier », sur le danger des expéditions de contrebande ayant lieu au Kurdistan iranien. Et j’ai en plus pu me faire dédicacer Shadi par lui, les deux autres auteurs étant au Canada, il y a quelques mois à Paris 😍

    L’histoire de Shadi est vraiment triste. C’est celle d’un avion de ligne ukrainien, abattu « par erreur » par l’armée iranienne alors qu’il décollait pour aller au Canada. Le régime islamique n’a reconnu sa responsabilité que tardivement. Et Touka, frère de Mana, a perdu la fiancée de son fils, Shadi, dans le crash. L’écriture de cette BD est originale car elle a été faite à six mains, et à distance, mais chacun des trois auteurs a volontairement gardé son propre style, comme on le voit là sur les photos. Mais les chapitre s’enchaînent naturellement.

    Au-delà de cet attentat de 2020, cette BD résonne en moi vu les événements actuels en Iran. Sur l’une des planches on voit l’un des protagonistes maudire l’ayatollah Khamenei et souhaiter sa mort. Six ans plus tard son vœux a été exaucé !  🍾

    Bien que je ne connaisse personne en lien avec les 176 morts, j’ai versé une larme à la fin du livre. J’ai beaucoup aimé cette BD, qui me touche donc vraiment personnellement, et j’espère qu’elle plaira à d’autres personnes !

  • « Iran : la libération d’un peuple », par CinciVox

    « Iran : la libération d’un peuple », par CinciVox

    Drapeau Iranien (https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Iran_flag_with_emblem_1964-1979.png)

    Voici un texte très juste et touchant sur l’Iran, mon pays natal. Il a été écrit à chaud par l’auteur, mais je pense que tout ce qui y est dit restera vrai une fois les cendres retombées.

    Aidons les iraniens à sortir de l’horreur dans laquelle ils vivent depuis 47 ans, mais laissons les prendre en main leur futur. Je ne m’inclus pas dans « les iraniens » volontairement car je ne suis pas retourné dans mon pays natal depuis 1979 et ne le connais donc pas si bien que ça.

  • “Flatland” en BD, une fable philosophico-religieuse du XIXème siècle mise en images

    “Flatland” en BD, une fable philosophico-religieuse du XIXème siècle mise en images

    Toujours dans ma boulimie de lecture, en ce week-end pluvieux, j’ai fini Flatland de Danicollaterale, d’après le roman philosophico-scientifique de Edwin A. Abbott, écrit au XIXème.

    J’avais déjà lu le roman, une vrai curiosité surtout vu son siècle d’écriture, et j’avais bien aimé son originalité et sa modernité. La BD est intéressante aussi, et même s’il n’y est dessinée que des éléments de géométrie et des figures abstraites, ça n’a rien à voir avec « La couleur des choses ». Il m’a quand-même fallu plusieurs jours pour digérer la BD, qui m’a l’air de contenir des scènes qui ne sont pas dans le roman et, malgré sa simplicité visuelle apparente, le propos est dense et nécessite une lecture lente et attentive.

    La critique de la société anglaise cadenassée, religieuse, méprisante envers les femmes, est assez limpide. Les dernières chapitres, évoquant des dimensions supérieures, sont une invitation à l’ouverture d’esprit, contre le dogme religieux, et à la curiosité scientifique.

    Esprits curieux, lisez cette BD mais aussi le roman (en premier), celui-ci est court. 😊

  • « Vivre – Le compte à rebours » de Boualem Sansal

    « Vivre – Le compte à rebours » de Boualem Sansal

    J’ai fini « Vivre – Le compte à rebours » de Boualem Sansal. Étonnamment, l’édition Folio récente que j’ai s’intitule « Vivre » tout court. Est-ce en hommage à son auteur, enfermé depuis un an dans une prison algérienne, avec un cancer ? C’est fort possible, d’autant plus que la courte biographe de l’auteur fait état de son emprisonnement.


    Comme je l’imaginais et l’avais senti dès les premières pages, ce n’est pas qu’un roman fictionnel. À l’instar de « 2084 » du même auteur c’est aussi une fable politique, et un lieu de réflexion de l’auteur sur nos décennies récentes.

    D’ailleurs, le récit étant écrit à la première personne, parfois lorsque Paolo se lance dans une digression sur l’état de la société, la politique ou la religion, j’ai l’impression que c’est plus l’auteur que le personnage qui parle ! Cette confusion m’a rendu la lecture un peu plus compliquée, ne sachant plus où s’arrête la fiction et où commence le commentaire politique, mais ça s’est estompé heureusement avec l’avancement du compte à rebours et le suspens grandissant.

    Alors que j’imaginais un simple délire du personnage principal qui pensait avoir été contacté par une Entité extraterrestre, la fin du roman confirme qu’on est bien dans de la science-fiction, et que l’Entité existe vraiment. Mais la toute fin est surprenantes, et remet en question toute l’histoire galactique ébauchée dans la « postface » écrite un milliard d’années après les évènements, avec une fable sur l’origine de l’univers et des êtres vivants qui la peuplaient bien avant l’apparition de la Terre.

    Au final, une lecture agréable, sans être transcendante, pour qui apprécie l’universalisme de Boualem Sansal.

  • Découverte de Osamu Tezuka avec le manga « Demain les oiseaux »

    Découverte de Osamu Tezuka avec le manga « Demain les oiseaux »

    Je viens de finir « Demain les oiseaux », c’est le premier manga que je lis d’Osamu Tezuka, et j’ai trouvé le livre incroyable !

    Malgré le dessin au premier abord un peu naïf, un peu « vieillot » qui surprend un peu au début, j’ai adoré l’histoire, les saynètes, l’humour et le message que l’auteur fait passer. Finalement, la civilisation des oiseaux n’est pas tellement différente de celle des hommes.

    J’aime le parallèle qui est fait l entre les civilisations, et les oiseaux qui reproduisent les mêmes scénarios, les mêmes stéréotypes que la civilisation humaine. Il y a souvent de l’humour dans ce mangas, j’ai très souvent souri même si dans l’ensemble le propos est plutôt négatif et les conclusions assez sombres.