Les lectures de Farzad

Auteur : Farzad

  • Cosmobacchus de Meybeck : une plongée fascinante et drôle dans le monde ésotérique de la biodynamie et du vin nature.

    Cosmobacchus de Meybeck : une plongée fascinante et drôle dans le monde ésotérique de la biodynamie et du vin nature.

    Si vous pensez que le vin se résume à du raisin fermenté, la lecture de Cosmobacchus de Meybeck risque de vous secouer ! Ce pavé graphique, que j’ai mis un peu de temps à savourer, est une enquête dessinée sur le monde complexe et controversé du vin en biodynamie.

    Un univers « délirant et inquiétant »

    Meybeck nous plonge dans les arcanes de la biodynamie, un système de croyances et de pratiques agricoles issu de l’anthroposophie. Entre cornes de vache remplies de bouse et calendriers lunaires, l’auteur nous présente un univers qui oscille entre le loufoque et le véritablement troublant, sans jamais nous prendre pour des idiots.

    L’intelligence du regard

    Le vrai tour de force de la BD, c’est son ton. C’est drôle, satirique, mais incroyablement bien documenté. Meybeck a manifestement gagné la confiance de ses interlocuteurs. Le résultat est précieux : des dialogues authentiques où les adeptes parlent de leurs convictions sans filtre, persuadés de la justesse de leurs pratiques ésotériques. Ce regard, à la fois critique et humain, évite la caricature facile et rend la lecture passionnante.

    L’auteur a ainsi pu discuter aussi bien avec Grégoire Perra, anthroposophe repenti qui n’a cesse de dénoncer cette secte, et Gilles-Éric Séralini, chercheur escroc hélas célèbre pour avoir publié une étude frauduleuse sur le glyphosate, et désormais soutien de la biodynamie, entre autres méfaits.

    D’ailleurs, pour la petite histoire, cette BD a une saveur particulière pour moi : j’avais pu la faire dédicacer par Meybeck lui-même à Angoulême il y a deux ans. Une excellente lecture que je ne peux que vous conseiller !

    La dédicace :

  • Lecture du manga « Undercurrent » de Tesuda Toyoda

    Lecture du manga « Undercurrent » de Tesuda Toyoda

    Je viens de finir Undercurrent, que j’ai dévoré dans mon temps libre, étalé sur 3 jours. Le manga est incroyable, j’ai adoré ! Ça commence doucement, c’est très contemplatif, calme, sans rebondissement ni suspens au début, mais comme c’est très joliment dessiné et que les personnages sont attachants, ça se lit sans ennui.

    Le côté contemplatif et le beau dessin des personnages et paysages m’ont un peu fait penser à certains mangas de Jirō Taniguchi. Puis petit à petit des éléments d’intrigues apparaissent, la tension montent doucement, sans s’emballer.

    J’ai aimé qu’il y ait des moments d’humour, presque décalé par rapport au ton général du manga, notamment avec le détective Yamazaki, une esquisse de romance entre Kanae et Hori, du suspens avec l’enlèvement de la petite fille, du mystère autour de la disparition du mari de Kanae et de ses rêves… J’ai souri, j’ai été ému, je me suis inquiété, j’ai tremblé, j’ai attendu un premier geste d’affection (qui n’est jamais venu), j’ai été tenu en haleine par les deux dénouements croisés des dernières pages. Et je me suis dit à la fin « pourvu que Hori ne monte pas dans le bus ! » 😂

    La romance qui n’arrive jamais m’a aussi beaucoup fait penser au superbe film « Past Lives » de Celine Song.

    J’ai passé un très bon moment, je suis encore ému de cette lecture.

  • Les Éditions Roquemoute ? Bof…

    Il y a quelques mois j’ai voulu aider les Éditions Roquemoute qui sont en difficulté, et dont j’avais adoré la trilogie du « Journal de bord d’un taxi parisien ».

    Quelques BD que j’ai essayé de lire…

    J’ai donc acheté un énorme lot de leurs BD… mais les quelques-unes que j’ai essayé de lire entre hier et aujourd’hui sont, à mon goût, extrêmement médiocres. 😢 Mais il en faut pour tous les goûts et je ne suis peut-être pas leur public cible. Je vais donc donner une seconde chance à ces dizaines de BD en les mettant en boîte à livres 😁 et ne garder que les meilleures (s’il y en a). Au moins celles de Jorge Bernstein.

    Roquemoute direction la boîte à livres !

  • Lecture, décevante, de High-Opp de Franck Herbert

    Lecture, décevante, de High-Opp de Franck Herbert

    Les déceptions sont d’autant plus cruelles que l’on a attendu longtemps avant de pouvoir savourer l’objet (plat, livre, film…).

    Je viens de finir High-Opp, un « roman inédit » de Franck Herbert, retrouvé on ne sait trop où (même la préface ne le précise pas) et non daté, mais qui semble avoir été écrit entre la publication de son premier roman à succès, Le dragon sous la mer, en 1956, et celle de Dune, en 1965. Comme je suis un très grand fan de l’auteur et qu’il y a peu de livres de lui que je n’ai pas appréciés (« Destination Vide » est resté pour moi indigeste malgré une relecture), je ne m’attendais pas à être si déçu !

    Les thèmes abordés sont super intéressants : une société totalitaire, des structures de contrôle bureaucratique, un homme déclassé cherchant à se venger du leader de la contestation qu’il méprisait, des intrigues multiples, des trahisons… Mais la psychologie des personnages est nulle !

    Je suis même surpris que la postface de Gérard Klein n’en fasse pas mention. Déjà, le héros, Daniel Movius, est tout-puissant : très fort physiquement, très intelligent, impossible à blesser mentalement ou physiquement… Bref, il n’est pas crédible du tout. Et tous les autres personnages changent d’opinion, de camp, de philosophie, voire d’adversaire, en l’espace de quelques lignes ou quelques pages ! Puis ils peuvent de nouveau changer de position après qu’une autre personne leur ait parlé pendant moins d’une page. Le personnage féminin principal est presque une potiche, qui tombe amoureuse de Movius alors qu’elle est censée le surveiller. Lui-même ne l’aime pas… oh puis zut ! finalement si, il l’aime ! 🙄

    Je termine pas les points positifs de ce roman : on y trouve des thèmes qui seront fort bien développés dans les romans suivants de Herbert ou bien semblent inspirés d’autres romans pré-existants d’auteurs de SF déjà établis.

    • Les structures gouvernementales étatiques bureaucratiques et les organismes chargés d’y foutre volontairement la merde : « L’étoile et le fouet » et « Dosadi » ;
    • La révolte des opprimés, qui prennent le pouvoir, voire un pouvoir encore plus absolu que le régime renversé : « Dune » ;
    • La Sémantique Générale d’Alfred Korzybski, développée dans Le non-A d’A.E Van Vogt ;
    • La prédiction du futur grâce aux sondages et à la psychologie font penser à Fondation d’Isaac Asimov.

    Tout cela est très bien développé dans la postface de Gérard Klein, que je ne vais pas recopier.

    En conclusion, je comprends que ce livre n’ait pas trouvé d’éditeur et qu’il ne présente aujourd’hui qu’un intérêt historique, sans promesse de plaisir de lecture.

  • « La Synagogue » et « Les Idolâtres » par Joann Sfar

    « La Synagogue » et « Les Idolâtres » par Joann Sfar

    Ces deux livres de Joann Sfar se suivent, même si, étonnamment, ils ne sont pas publiés comme était les volumes d’une même série. Le premier parle plus du père de Joann Sfar, de religion, de sa petite enfants, et le second de sa mère, de son parcours pour devenir dessinateur, ses rencontres, de pourquoi il dessinne.

    J’ai d’abord acheté le deuxième, avant tout parce que j’avais l’opportunité de me le faire dédicacer 😀 Et je me suis alors rendu compte qu’il valait mieux lire La Synagogue d’abord… Le temps d’acheter cette BD, et de prendre le temps de lire ces deux pavés, et voilà c’est fini !

    L’auteur y parle surtout de sa jeunesse à Nice, de judéité, d’antisémitisme, de skinheads sympas, de krav maga, beaucoup de son père et un peu de ses grands-parents, avec des flash-forwards sur la période du COVID et son hospitalisation.

    Il annonce clairement que le livre a été écrit en trois fois, les événements sont un peu pêle-mêle, mais ça se lit très bien. J’ai bien aimé, mais comme c’est un de mes auteurs favoris, je ne suis pas difficile 😉

    Les Idolâtres »: je l’ai trouvé épatant, encore plus que « La Synagogue ». Le récit part un peu dans tous les sens, dans toutes les périodes de la vie de l’auteur, qui s’amuse à nous perdre en chemin, et fait semblant de se perdre lui-même dans le fil de ses idées.

    C’est très drôle à lire, agréable, ça fait réfléchir aussi. La BD montre la richesse des relations amicales et professionnelles que Sfara développé depuis sa jeunesse, toutes les personnes qu’il a croisées, professeurs de philosophie, professeurs d’art, auteurs célèbres de bandes dessinées, qu’il l’ont influencé, guidés, aidé dans sa vie.

    Et si on est perdu, il y a même une case qui rappelle les thèmes que sont censés couvrir les deux volumes 😀

    Je recommande vivement ce roman graphique ! 🤗

    Et j’ai une belle dédicace 😉