Si vous pensez que le vin se résume à du raisin fermenté, la lecture de Cosmobacchus de Meybeck risque de vous secouer ! Ce pavé graphique, que j’ai mis un peu de temps à savourer, est une enquête dessinée sur le monde complexe et controversé du vin en biodynamie.

Un univers « délirant et inquiétant »
Meybeck nous plonge dans les arcanes de la biodynamie, un système de croyances et de pratiques agricoles issu de l’anthroposophie. Entre cornes de vache remplies de bouse et calendriers lunaires, l’auteur nous présente un univers qui oscille entre le loufoque et le véritablement troublant, sans jamais nous prendre pour des idiots.
L’intelligence du regard
Le vrai tour de force de la BD, c’est son ton. C’est drôle, satirique, mais incroyablement bien documenté. Meybeck a manifestement gagné la confiance de ses interlocuteurs. Le résultat est précieux : des dialogues authentiques où les adeptes parlent de leurs convictions sans filtre, persuadés de la justesse de leurs pratiques ésotériques. Ce regard, à la fois critique et humain, évite la caricature facile et rend la lecture passionnante.
L’auteur a ainsi pu discuter aussi bien avec Grégoire Perra, anthroposophe repenti qui n’a cesse de dénoncer cette secte, et Gilles-Éric Séralini, chercheur escroc hélas célèbre pour avoir publié une étude frauduleuse sur le glyphosate, et désormais soutien de la biodynamie, entre autres méfaits.
D’ailleurs, pour la petite histoire, cette BD a une saveur particulière pour moi : j’avais pu la faire dédicacer par Meybeck lui-même à Angoulême il y a deux ans. Une excellente lecture que je ne peux que vous conseiller !




La dédicace :












