Les lectures de Farzad

Auteur : Farzad

  • « L’arabe du futur » de Riad Sattouf

    J’ai _enfin_ lu l’année dernière le tome 1 de L’arabe du futur de Riad Sattouf, histoire de sa jeunesse en Libye et Syrie.

    « _Enfin_ » car, comme beaucoup de livres et bandes dessinées je les achète souvent en masse, lors de razzia dans une librairie ou, quand on habitait près de la Porte de Versailles, au Salon du Livre dont ma femme et moi ramenions 5 à 10 kg de livres… Et malheureusement je n’ai pas le temps de tout lire après l’achat et même, très souvent, je ne me sens pas prêt pour lire certains livres ou certaines bandes dessinées. L’arabe du futur a fait longtemps partie de cette seconde catégorie, il a fallu longtemps avant qu’il me dise « lis moi » quand je le regardais 🙂

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    Et quand je me suis senti enfin prêt, je l’ai dévoré ! C’est très drôle, très bien rendu, même si les anecdotes racontées sur ces 2 pays, Syrie et Libye, sont souvent atterrantes et m’ont laissé bouche bée.

    Je ne sais pas si Riad Sattouf a beaucoup romancé les anecdotes, il l’a fait clairement dans les « Cahiers d’Esther » dont je parlerai un jour, mais on peut se poser la question tellement il peut paraître surprenant qu’autant d’événements arrivent à une seule famille… Mais tous sont crédibles d’après moi.

    C’est cette abondance d’anecdotes qui a fait dire à un de mes collègues :

    Je n’ai pas trop aimé, je trouve que Sattouf tourne toujours autour des mêmes blagues et des mêmes sujets.
    Néanmoins il décrit effectivement des comportements ahurissants.
    Du coup je n’ai pas acheté le tome 2.

    D’autres collègues ont aussi trouvé qu’il y avait trop de négatif dans cette BD et n’ont pas lu la suite.

    Ce qui m’a marqué dans cette bande dessinée est le mensonge et la violence de la société arabe décrite par l’auteur.

    À commencer par son père qui ment tout le temps, avec beaucoup de naturel, à son entourage. Il semble aussi se mentir à lui-même sur l’état de son pays natal, la Syrie, qu’il idéalise. Tout le monde ment : pour cacher, pour se protéger, pour faire du mal, pour spolier les biens de son propre frère…

    Étant d’origine iranienne, je reconnais cette culture du mensonge moyen-orientale… C’est pour ça que je pense que l’auteur n’exagère pas. En Iran cependant, qui est d’une culture qui promeut une plus grande douceur de vie que la culture arabe, c’est plutôt un mensonge de politesse (« Tu viens chez moi quand tu veux ! » … en fait non, je t’aime bien mais ne sonne pas chez moi à l’improviste).

    Quant à la violence, elle est présente non seulement dans les relations entre adultes, mais aussi dans l’école et les jeux des enfants. C’est choquant mais guère surprenant dans ces pays et cette culture basée sur le machisme et le rapport de force.

    Heureusement l’humour et le dessin de Riad Sattouf adoucissent cette violence en la rendant comique, sinon ce serait indigeste. On remarquera aussi qu’il y a une couleur dominante par pays (je triche, je ne les avais pas tous remarquées) :

    • bleu pour la France
    • rose pour la Syrie
    • jaune pour la Libye
    • vert pour Guernesey
    • rouge pour la fiction

    Personnellement j’ai adoré cette BD et j’ai aussi dévoré les suites.

  • « Le Prince » de Machiavel

    J’ai lu l’année dernière Le Prince de Machiavel, ainsi qu’une étude sur le Prince qui permet de mieux comprendre l’ouvrage et la pensée politique de l’auteur.

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    En effet j’ai trouvé le livre passionnant mais difficile à comprendre à cause du manque de contexte 500 ans plus tard.

    C’est une lecture difficile mais vraiment intéressante dont on peu tirer des enseignements, comme tout bon livre de philosophie. Ces enseignements sont aussi bien des modèles à suivre que des contre-modèles bien sûr ! Certaines histoires sanguinaires racontées ici, fictives ou pas, ne méritent pas d’être rejouée.

    En complément de ces deux lectures je recommande aussi vivement d’écouter l’excellente série de chroniques que Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, a réalisée sur France Inter en été 2016 : Un été avec Machiavel.

    Patrick Boucheron nous apprend entre autre à distinguer le péjoratif « machiavélique » du plus neutre « machiaviélien », néologisme de son cru pour désigner la pensée de l’auteur.

  • « La Possibilité d’une île » de Michel Houellebecq

    J’ai lu il y a quelques temps « La possibilité d’une île » de Michel Houellebecq (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Possibilit%C3%A9_d%27une_%C3%AEle).

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    Je l’avais acheté il y a encore plus longtemps, il y a plusieurs années, mais je n’étais pas motivé pour le lire vu sa noirceur.

    Finalement j’ai beaucoup aimé. C’est cynique et misanthrope comme tous ses livres mais j’apprécie le côté SF qui côtoie des réflexions sur la société et les relations humaines. Ça a beau être un roman, on retrouve dedans des éléments caractéristiques de notre société contemporaine, des références au réel, et c’est ça qui en rend la lecture perturbante.

    Comme je le disais, il faut être de bonne composition pour attaquer la lecture de ce livre, il ne m’a pas du tout déprimé mais je pense qu’il aurait eu un tout autre effet sur moi si j’étais moins enthousiaste sur l’avenir…

  • La Revue Dessinée, ou s’informer autrement

    Note du 21/12/2020 : la revue ayant beaucoup changé, en mal, j’ai totalement révisé
    mon opinion

    La Revue Dessinée : Ce n’est pas qu’une bande dessinée, c’est avant tout une revue avec des dossiers, des enquêtes, surtout pas de l’instantané ou de l’anecdotique qui périme vite. Cette revue est similaire à la revue XXI mais entièrement en BD. Je la recommande à ceux qui aiment à la fois la BD et l’actualité.

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    Je suis abonné dès le premier numéro et je les lis aujourd’hui assidûment met avec grand plaisir à chaque foi, même si je ne suis pas toujours d’accord avec les histoires et ou les conclusions. Mais où serait l’esprit critique si on ne lisait que des articles avec lesquels on est déjà d’accord ?

    Le numéro 16 de la Revue Dessinée était notamment un très très bon numéro, surtout le dossier sur le Transhumanisme, sujet qui est toujours d’actualité en 2019…

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    J’ai dit que j’étais assidu, ce n’était pas toujours le cas : il y a 3 ou 4 ans j’ai commencé à accumuler les revues sans les lire… tout en prolongeant mon abonnement ! J’ai depuis rattrapé mon retard et j’ai découvert quelque chose qui m’a bluffé : même plusieurs années après, aucune des histoires n’avait vieilli ou était illisible faute de contexte !

    Ce numéro d’automne 2017 par exemple, avec Macron et Uber en couverture, fait écho non seulement à l’actualité mais aussi à mon travail, étant donné que je bosse chez le concurrent, Kapten

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    C’est aussi ceci qui fait la qualité de cette revue : des articles, enquêtes, témoignages, photos, biographies intemporelles.

    La Revue Dessinée 19, toujours aussi agréable à lire, a des dossiers intéressants sur la dictature de Erdogan, la « chemise déchirée » du DRH d’Air France, les conditions de travail dans un abattoir à bétail, etc.

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