Les lectures de Farzad

Auteur : Farzad

  • « L’homme sans talent » de Yoshiharu Tsuge.

    « L’homme sans talent » de Yoshiharu Tsuge.

    L’auteur japonais Yoshiharu Tsuge a reçu cette année un Fauve d’honneur au Festival d’Angoulême pour l’ensemble de sa carrière !

    C’est l’occasion pour vous de lire ou relire « L’homme sans talent », seul manga que j’ai lu de lui mais qui m’a marqué.

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    Manga étrange sur un personnage excentrique, ancien mangaka talentueux, qui abandonne le dessin pour se lancer dans des projets tous voués à échouer, misérable en affaire comme dans sa vie personnelle.

    La déchéance du personnage, qui semble tout faire pour échouer, donne un côté dérangeant à l’histoire, me met mal à l’aise mais m’a fasciné en même temps.

    Le rythme est lent, l’action lente, parfois même inexistante (quand on essaie de vendre des cailloux on sait à quoi s’attendre…), on a parfois envie de secouer le personnage principal (je ne peux pas l’appeler héros), mais on a envie de comprendre pourquoi il se laisse tant aller. Même quand une femme le drague pour coucher avec lui il échoue à le faire !

    Je pense que l’auteur nous laisse libre d’interpréter l’œuvre comme on le veut. Je recommande bien évidemment ce manga à toutes les personnes qui apprécient les “mangas d’auteur”.

    C’est chez Ego comme X, qui a donc coulé, mais j’ai vu sur l’application Bubble qu’il a été réédité par Atrabile.

  • « Blacksad » de Diaz Canales et Guarnido

    Attention Chef d’Œuvre ! Je viens de relire les tomes 1 et 2 de Blacksad, que j’avais lu vers 2002 / 2003, avant d’attaquer les tomes 3 et 4 que j’ai achetés récemment.

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    Comme à chaque fois que je veux lire un nouveau tome d’une série dont les épisodes précédents ont été publiés il y a plusieurs années, ou bien parce que moi-même j’ai laissé passé de nombreuses années avant de me replonger dans la série, je relis tous les tomes précédents. J’ai failli écrire “Je me force à…” mais il n’est pas question ici d’obligation, il n’y a que du plaisir. Je l’ai fait pour Donjon, pour le Cycle de Cyann, le Chat du Rabbin… et à chaque fois c’est un plaisir de se replonger dans des bandes dessinées d’une très grande qualité, en plus de me rafraîchir la mémoire sur la série et faciliter la lecture des nouveaux tomes !

    C’est clairement le cas ici avec Blacksad, d’où mon enthousiasme. Les deux premiers tomes m’avaient bien sûr laissé un bon souvenir, mais j’avais oublié à quel point cette série est excellent par deux aspects de la BD qui s’équilibrent parfaitement : le scénario et le dessin. Ce n’est pas toujours le cas en BD, et ce n’est pas non plus forcément l’équilibre recherché. Il y a des BD dont le dessin est un peu faible mais le scénario passionnante (je pense par exemple au « Triangle Secret » dont je parlerai peut-être une autre fois), des BD au dessin superbe et au scénario évanescent (comme « Arzach » de Moebius), et je ne parle pas de celles dont l’un ou l’autre aspect est nul car ça ne présente aucun intérêt 😆

    Le scénario : on est dans un polar des années 50, assez stéréotypé mais pas caricatural, on le verra en parlant du dessin. Différents éléments permettent de dater les événements : l’ambiance sombre, l’enquête solitaire du flic dont le passé ne nous est que partiellement dévoilé mais dont les éléments resurgissent dans presque chaque tome, le monologue du même héros principal (on pourrait s’imaginer dans un film avec la voix _off_), les histoires d’amours malheureuses du flic, l’omniprésence du Mal incarné par des puissants, des avides ou des corrompus, et la victoire amère du bien grâce à notre flic héros, qui gagne à la fin, mais y laisse à chaque fois une partie de lui-même (mort d’un amour de jeunesse, d’un flirt, d’un ami de longue date…)

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    Le dessin : Il est incroyable ! C’est là la grande force de cette BD et ce qui fait que cette série n’est pas une caricature de polar des années 50 mais plutôt un hommage. Tous les personnages sont des animaux, anthropomorphiques, avec des têtes d’animaux et autres caractéristiques animales (la queue qui dépasse du pantalon par exemple) mais avec un corps et des attitudes humaines. Et ces personnages savent qu’ils sont des animaux, ils se nomment tels, ils en ont des caractéristiques (l’odorat du félin…) et pourtant ils se comportent comme des humains, se séduisent, se battent, fument et boivent comme Humphrey Bogart.

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    Je disais qu’on pouvait dater la période des histoires aux années 50, il me semble que je n’ai pu le faire que grâce aux pierres tombales ! Car on meurt beaucoup dans Blacksad, que l’on soit bon ou méchant, jeune ou vieux…

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    Sur la case suivante on voit l’année 1952 entre les bras tendus du rat.

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    Avec cette parfaire combinaison équilibrée de scénario et de dessin, chaque tome écrit une histoire haletante, pleine de meurtres ou de disparitions bien sûr, de bagarre, d’enquêtes, de réflexions, d’intuition… Bien évidemment, quand il s’agit d’intuition ou d’enquête, le scénariste ne nous emmène pas dans la tête du héros, il garde le suspens pour les scènes de dénouement, que ce soit la scène finale ou des conclusions intermédiaires. L’exercice est parfaitement réussi, du moins à mon goût et pour les 3 premiers tomes que j’ai lu, car je ne me suis jamais lassé du suspens et du mystère qui ne se dénouent que dans les dernières pages. Et à chaque fois je re-feuillette quelques pages bien en arrière pour comprendre toutes les scènes dont le sens m’a échappé !

    Je recommande vraiment chaudement cette série. Je vais lire cet après-midi le tome 4 et j’ai hâte d’acheter le tome 5 !

  • « Donjon » de Joann Sfar et Lewis Trondheim, la meilleure série BD humour / fantasy de tous les temps

    Toujours de Joann Sfar, en duo avec Lewis Trondheim, j’ai relu l’intégralité des 6 Donjon Zénith et les 4 premiers Donjon Crépuscule, avant d’acheter bientôt tous les tomes de Crépuscule qui me manquaient. J’avais notamment le 6 mais pas le 5… j’ai dû perdre le 5 et comme j’ai oublié l’histoire j’ai relu tout d’abord, avant de lire des dernière Crépuscules. Je ne regrette pas du tout le temps passé à relire ces dizaines de tomes !

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    Là, comme le Chat du Rabbin, j’adore, c’est très drôle, même si ça vire petit à petit au tragique. Personnellement je déteste la Fantasy en général, même les parodies comme Lanfeust de Troy ne me font pas envie. Par contre j’ai adoré toute la série des Donjons qui me fait rire à chaque fois. Le premier, « Cœur de canard », m’avait fait rire aux éclats à la première lecture.

    Une des particularité est que Sfar et Trondheim ont lancé plein de séries (« Potron minet » qui raconte la jeunesse du propriétaire du Donjon, « Zénith » qui est le présent, « Crépuscule » qui raconte la fin du monde, « Parade » qui se passe entre les tomes 1 et 2 de Zénith, « Monsters » qui racontent l’histoire individuelle de plusieurs personnages secondaires, plus un jeu de rôle…) et ils ont fait appel à de nombreux dessinateurs invités pour continuer les séries, dont Boulet, Kerascoet, Bezian, Killoffer, Blutch, J.C. Menu, Larcenet, Christophe Blain.

    Les styles sont variés, notamment dans les Donjon Monsters et parfois l’humour cède le pas à la violence, la nostalgie ou le drame. En relisant rapidement tous les tomes, on voit mieux les liens et les recoupements qu’il y a entre les différentes série, chose dont il n’est pas possible de se rendre compte quand on les lit à des années d’écart sauf à avoir une très bonne mémoire visuelle.

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    Il n’y a que 2 tomes que je n’ai pas, ce sont les deux sortis en janvier 2020, « Hors des Remparts » et « L’Armée du Crâne » !

    Un compte Instagram a même été créé pour faire du teasing, donjonplus. Il publie notamment des documents, esquisses et scénarios datant d’avant la publication du premier tome !

    À suivre…

  • « Tu n’as rien à craindre de moi » de Joann Sfar

    Lecture d’il y a un an environ : « Tu n’as rien à craindre de moi » de Joann Sfar.

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    Je suis un fan quasi inconditionnel de Sfar, mais là je n’ai pas aimé du tout ! Je n’arrive pas à rentrer dans cette histoire d’amour passionnée et tragique, je ne comprends pas les personnages et le style de dessin « tremblé » de Sfar m’est ici insupportable.

    N’ayant rien compris, ne m’étant pas projeté dans l’histoire, je n’approfondis pas.

    Bref j’ai détesté 😉

    Et comme on parle de Sfar, j’ai relu les premiers tomes du Chat du Rabbin avant de lire les derniers que j’ai, le tome 6 « Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi », tomes 7 « La Tour de Bab-el-Oued » et 8 « Petit Panier aux Amandes ».

    J’adore le Chat du Rabbin, j’ai adoré tous les tomes notamment le 5, « Jérusalem d’Afrique », dont un des thèmes est la théologie, l’intégrisme et l’intolérance. Par contre je n’ai pas trop aimé le tome 6. J’ai préféré les tomes 7 et 8.

  • “Happy Sex” de Zep

    “Happy Sex” de Zep

    J’ai lu hier “Happy Sex” de Zep 🍆

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    Je n’avais jamais lu de Zep avant et je ne suis pas particulièrement fan de son personnage récurrent dont j’ai même oublié le nom avant le début de cette phrase (Titeuf ! Ça m’est revenu), mais là j’ai ri aux éclats. La bande dessinée est composée de planches de une ou deux pages, toutes explicitement sexuelles mais dans le style caricaturale habituel de Zep.

    À chaque fois c’est une saynète à caractère sexuelle qui est illustrée et qui se finit de façon drôle. Il y a de tout : des positions qui finissent mal, des quiproquos, des adultes ou ados qui se font surprendre… De nombreuses scènes sont réalistes, très certainement inspirées de vraies anecdotes, mais exagérées jusqu’à la caricature.

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    C’est d’ailleurs tellement caricaturé que ce n’est ni érotique ni pornographique, mais c’est à ne pas mettre entre les mains des enfants pour autant ! Humour pour adultes seulement.

    J’ai vraiment adoré et ri très fort, je recommande franchement ce livre, peut-être même qu’il fera rire les coincés 😆

    Je vous le prête volontiers, sous emballage neutre si vous avez honte 😉