Les lectures de Farzad

Lecture, décevante, de High-Opp de Franck Herbert

Les déceptions sont d’autant plus cruelles que l’on a attendu longtemps avant de pouvoir savourer l’objet (plat, livre, film…).

Je viens de finir High-Opp, un « roman inédit » de Franck Herbert, retrouvé on ne sait trop où (même la préface ne le précise pas) et non daté, mais qui semble avoir été écrit entre la publication de son premier roman à succès, Le dragon sous la mer, en 1956, et celle de Dune, en 1965. Comme je suis un très grand fan de l’auteur et qu’il y a peu de livres de lui que je n’ai pas appréciés (« Destination Vide » est resté pour moi indigeste malgré une relecture), je ne m’attendais pas à être si déçu !

Les thèmes abordés sont super intéressants : une société totalitaire, des structures de contrôle bureaucratique, un homme déclassé cherchant à se venger du leader de la contestation qu’il méprisait, des intrigues multiples, des trahisons… Mais la psychologie des personnages est nulle !

Je suis même surpris que la postface de Gérard Klein n’en fasse pas mention. Déjà, le héros, Daniel Movius, est tout-puissant : très fort physiquement, très intelligent, impossible à blesser mentalement ou physiquement… Bref, il n’est pas crédible du tout. Et tous les autres personnages changent d’opinion, de camp, de philosophie, voire d’adversaire, en l’espace de quelques lignes ou quelques pages ! Puis ils peuvent de nouveau changer de position après qu’une autre personne leur ait parlé pendant moins d’une page. Le personnage féminin principal est presque une potiche, qui tombe amoureuse de Movius alors qu’elle est censée le surveiller. Lui-même ne l’aime pas… oh puis zut ! finalement si, il l’aime ! 🙄

Je termine pas les points positifs de ce roman : on y trouve des thèmes qui seront fort bien développés dans les romans suivants de Herbert ou bien semblent inspirés d’autres romans pré-existants d’auteurs de SF déjà établis.

  • Les structures gouvernementales étatiques bureaucratiques et les organismes chargés d’y foutre volontairement la merde : « L’étoile et le fouet » et « Dosadi » ;
  • La révolte des opprimés, qui prennent le pouvoir, voire un pouvoir encore plus absolu que le régime renversé : « Dune » ;
  • La Sémantique Générale d’Alfred Korzybski, développée dans Le non-A d’A.E Van Vogt ;
  • La prédiction du futur grâce aux sondages et à la psychologie font penser à Fondation d’Isaac Asimov.

Tout cela est très bien développé dans la postface de Gérard Klein, que je ne vais pas recopier.

En conclusion, je comprends que ce livre n’ait pas trouvé d’éditeur et qu’il ne présente aujourd’hui qu’un intérêt historique, sans promesse de plaisir de lecture.

Commentaires

Laisser un commentaire